Conférence de 1884-1885 où les puissances européennes fixent les règles du partage de l’Afrique.
Convoquée par Bismarck à Berlin, de novembre 1884 à février 1885, elle réunit quatorze puissances, douze européennes plus les États-Unis et l’Empire ottoman ; pas un seul Africain n’y siège. Son Acte général proclame la liberté de commerce et de navigation sur les bassins du Congo et du Niger, et pose la règle de l’« occupation effective » : pour revendiquer un territoire, il faudra désormais l’occuper réellement – le signal de la course au partage. En marge des séances, les puissances reconnaissent une à une l’Association internationale du Congo de Léopold II : quelques mois plus tard, l’État indépendant du Congo est proclamé, propriété personnelle du roi. Contrairement à la légende, la conférence n’a pas découpé l’Afrique sur la carte : elle a écrit les règles du jeu qui allait la dévorer.
Dans le roman
Le Congo était une terre meurtrie, riche et pauvre en même temps, la plus étendue d’Afrique noire, presque cinq fois plus vaste que la France. La richesse de ce pays fut source de sa misère : ivoire, caoutchouc, cuivre, or, diamants, uranium… dont le peuple ne recevait même pas la poussière. Après vingt-trois ans sous le joug sanguinaire de Léopold II, l’État indépendant du Congo devint, en 1908, le Congo belge, une colonie autoritaire, durant plus d’un demi-siècle. Chap. XVII.
