Le glossaire
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Le glossaire

En lingala, principale langue parlée à Kinshasa, la prononciation est régulière : on lit les mots comme ils s’écrivent. Le e se prononce à mi-chemin entre « é » et « è » (un son bref, sans traîner), et le u se prononce « ou ». Le g est dur, comme dans « gare », jamais comme dans « gilet ». Et le s est doux, comme dans « sol », pas comme dans « rose ». Enfin, toutes les voyelles se prononcent, y compris en fin de mot.

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Cuisine
Terme
Définition

Gâteau brioché torsadé, souvent garni de chocolat, de cannelle ou de pâte de noix, d’origine juive ashkénaze.

Chenilles grillées ou frites.

Termites grillés.

Boisson pourpre et acidulée tirée des calices d’hibiscus ; on la nomme ngai ngai au Congo.

La perche du Nil, géant des fleuves africains ; le poisson noble des tables congolaises.

Relish ou ragoût très relevé à base de légumes (tomates, carottes, poivrons, parfois haricots). Spécialité d’Afrique du Sud.

Pain de manioc fermenté, cuit à la vapeur dans des feuilles.

Le nom que le Sud-Ouest donne au pain au chocolat ; à Bordeaux, il n’y a pas débat.

Viande de bœuf salée et en conserve, vendue en boîtes métalliques. Aliment pratique et bon marché.

Pâte de manioc servie en boule, mangée avec les doigts.

Fourmis grillées légèrement salées, mangées comme friandise ou accompagnement.

Desserts sucrés, souvent à base de pâte de sésame, de semoule ou de farine, mélangée à du sucre ou du miel. Spécialité du Proche-Orient.

Purée de pois chiches cuits, mixés avec tahini (pâte de sésame), citron, ail et huile d’olive. Spécialité levantine.

Tubercule comestible à chair blanche ou jaune (genre Dioscorea), bouilli ou frit.

Liqueur haïtienne de lait de coco, lait concentré, rhum et épices ; la douceur des Noëls d’Haïti.

Fromage frais épais obtenu en égouttant du yaourt. Spécialité levantine.

Grand pain plat souple, cuit sur paroi de four ou plaque très chaude, utilisé pour envelopper des garnitures.

Galette de pommes de terre râpées frite.

Sauterelles grillées.

Haricots. Ragoût du quotidien qu’on en tire.

Criquets grillés.

Bananes plantains, en lingala.

Grand pain plat levé, cuit au four, garni avant cuisson (le plus souvent de zaatar mélangé à l’huile d’olive, parfois de fromage, viande ou légumes), puis plié ou roulé. Spécialité libanaise.

La « reine des fruits » d’Asie du Sud-Est, à l’écorce pourpre et à la chair blanche en quartiers ; il pousse aussi au Congo.

Beignets de pâte levée, frits, vendus dans la rue.

Sauce de pulpe de noix de palme, emblème de la cuisine congolaise.

Plat de lentilles et de riz (ou blé), souvent surmonté d’oignons caramélisés.

Légumes bouillis, servis en accompagnement.

Piment fort. Sauce brûlante qu’on en tire.

Le beurre de cacahuète des Néerlandais ; « fromage de cacahuète », mot à mot, la loi leur interdisant le mot « beurre ».

Petit pain allongé, à croûte fine et croustillante, souvent fendu sur le dessus.

La banane à cuire, féculent de base de l’Afrique centrale ; frite, bouillie ou en beignets.

Poulet local élevé en liberté, à la chair ferme ; son nom lui vient de sa course, ou du vélo qui le mène au marché.

Feuilles de manioc pilées, verdure de base de la table congolaise.

Plat maghrébin à base de poivrons, d’oignons et de tomates mijotés, relevés d’épices, dans lequel on poche des œufs ; servi brûlant à même la poêle.

Purée épaisse à base d’ail cru pilé, de pain ou de pommes de terre, d’huile d’olive et parfois de noix.

Poulet, en lingala.

Aussi écrit zhug, s’chug : sauce verte très piquante à base de piments, coriandre, ail et épices. Spécialité yéménite.

Poisson d’eau douce africain, carpe des étangs et des malewa ; son nom vient du tswana.

Gâteau de lune. Petite pâtisserie ronde consommée à la fête de la mi-automne, fourrée de pâte de haricot rouge, de graines de lotus, de noix, parfois avec un jaune d’œuf salé au centre.

Plat maghrébin composé d’aubergines et de tomates cuites écrasées, relevé d’ail, de cumin, de paprika et d’huile d’olive.

Faune & flore
Terme
Définition

L’arbre de l’avocat, venu du Mexique ; jusqu’à vingt mètres d’ombre épaisse sous les tropiques.

Papio cynocephalus. Grand singe terrestre au museau allongé « en tête de chien », vivant en troupes dans les savanes et les zones boisées.

L’herbe géante qui donne bananes et plantains ; ses feuilles servent d’assiettes, d’emballages et de pirogues.

Variété de rosier grimpant. Les fleurs sont roses, saumon avec des nuances abricot.

La blatte, dite aussi cafard ; le mot est venu du néerlandais par les cales des navires.

Caracal caracal. Félin de taille moyenne au pelage fauve uniforme, reconnaissable à ses longues oreilles pointues terminées par des pinceaux noirs, prédateur discret des savanes, chassant surtout la nuit.

Cyprinus carpio. Variante domestiquée et colorée de la carpe commune, élevée comme poisson ornemental dans les bassins japonais. Symbole de prestige, de patience et de longévité.

Herbe haute au parfum de citron, tisane et rempart contre les moustiques.

Le babouin cynocéphale, que le roman nomme le plus souvent par ce seul mot.

Plumeria. Arbuste ou arbre solide des régions tropicales, pouvant atteindre cinq mètres, aux fleurs très parfumées souvent blanches, jaunes ou rosées, fréquent dans les jardins, cimetières et abords d’églises.

Ceiba pentandra. Arbre géant au tronc souvent épaulé de grands contreforts, portant une large couronne ; ses fruits renferment des fibres cotonneuses utilisées comme kapok pour le garnissage. Aussi appelé : kapokier, arbre à kapok.

Psittacus erithacus. Perroquet de taille moyenne au plumage gris et à la queue rouge, réputé pour son intelligence et sa capacité à imiter la parole humaine.

Acinonyx jubatus. Félin élancé, taillé pour la course, seul grand carnivore capable d’atteindre des vitesses proches de 100 km/h sur de courtes distances. Depuis l’Antiquité, certains guépards sont apprivoisés et utilisés pour la chasse.

La fleur des haies tropicales, éclose pour un jour ; sa cousine rouge donne le bissap.

Milicia excelsa. Grand arbre d’Afrique tropicale dont le bois brun doré, dur et durable, est très utilisé pour les charpentes, menuiseries et parquets.

Panthera pardus. Grand félin tacheté, emblème du Zaïre de Mobutu.

L’arbre de la mangue, venu de l’Inde ; le roi des cours d’école africaines.

Leptoptilos crumenifer. Grand échassier charognard, au cou et à la tête nus, au long bec massif, souvent vu près des dépotoirs, des abattoirs ou des rivières polluées. Il se nourrit de charognes et de déchets.

Agama agama. Nom donné en français d’Afrique à de nombreux lézards, en particulier aux agames. Petit reptile insectivore, vif, souvent vu près des habitations.

Okapia johnstoni. Grand mammifère forestier endémique du nord-est du Congo, proche parent de la girafe, au pelage brun chocolat et aux rayures blanches sur l’arrière-train qui rappellent le zèbre.

Le palmier à huile ; le mot désigne aussi l’amande de sa noix.

L’arbre de la papaye, venu d’Amérique tropicale, planté dans tous les jardins des tropiques.

Phacochoerus africanus. Porc sauvage africain de taille moyenne, au museau allongé, orné de défenses recourbées et d’excroissances sur les joues, fréquentant savanes et plaines arbustives.

Le travailleur à bec rouge, petit tisserin des savanes ; sans doute l’oiseau sauvage le plus nombreux du monde.

Paysage de plaines ouvertes où alternent herbes hautes, arbustes et quelques arbres isolés ou en bosquets.

Bois tropical très sombre, brun noir veiné de lignes plus claires, utilisé pour les parquets, meubles, boiseries de prestige et sculptures. Aussi appelé : palissandre d’Afrique. Nom scientifique : Millettia laurentii.

Figures
Terme
Définition

(1942-2016). Boxeur américain, trois fois champion du monde des poids lourds. Le 30 octobre 1974, au stade du 20-Mai, porté par toute une ville, il reprend son titre face à Foreman.

Agent territorial belge (1890-1931), tué à Kilamba au début de la révolte des Pende.

(1930-1993). Roi des Belges au moment de l’indépendance du Congo.

(1864-1916). Consul britannique chargé d’enquêter sur les exactions dans l’État indépendant du Congo ; son rapport de 1904 confirme l’ampleur des violences et alimente la campagne internationale contre le régime léopoldien.

(v. 1597-1660). Peintre néerlandais du Siècle d’or, spécialisé dans les natures mortes et particulièrement les vanités.

Romancier anglais d’origine polonaise (1857-1924), qui remonta le fleuve en 1890 et en tira Au cœur des ténèbres.

François Duvalier, « Papa Doc » (1907-1971), médecin devenu dictateur d’Haïti, président à vie servi par les Tontons Macoutes.

(v. 1504-1550). Seizième oba (roi) du royaume du Bénin, fils d’Ozolua et de la reine mère Idia.

(1949-2025). Boxeur américain, champion olympique puis champion du monde des lourds, invaincu jusqu’au soir de Kinshasa. Le meilleur puncheur de son temps, tombé du sommet au huitième round.

(1927-2015). Syndicaliste et ministre du gouvernement Lumumba devenu l’un des principaux chefs politiques de la rébellion Simba (1964-1965). Président autoproclamé de l’État rebelle qu’il nomme République populaire du Congo.

(1831-1881). Militaire et explorateur italien, au service de l’Empire ottoman puis de l’Égypte.

(1930-1983). Chanteur et chef d’orchestre, père de la musique congolaise moderne.

Ernesto « Che » Guevara (1928-1967), guérillero argentin de la révolution cubaine ; il passa sept mois de 1965 dans l’Est congolais.

(XVIe siècle). Reine guerrière du royaume du Bénin, première iyoba.

(v. 1913-1969). Premier président du Congo indépendant.

(1926-1966). Journaliste et homme politique congolais, ancien ministre des Affaires étrangères du Katanga sécessionniste, puis bref Premier ministre du Congo en 1965. Il est pendu publiquement en 1966, accusé de complot contre le régime de Mobutu.

(1887-1951). Prédicateur congolais fondateur en 1921 d’un mouvement religieux qui donnera naissance au kimbanguisme. Accusé de menacer l’ordre colonial par ses prêches et ses guérisons, il est condamné par un tribunal militaire et meurt après près de trente ans de détention à Élisabethville.

(1913-1994). Diplomate français, ambassadeur de France au Congo-Léopoldville de 1963 à 1968.

(1835-1909). Roi des Belges, propriétaire personnel de l’État indépendant du Congo.

(1925-1961). Artisan de l’indépendance congolaise, premier chef du gouvernement du pays.

Surnom de la mère de Mobutu.

(1943-). Photographe documentaire britannique.

(1914-1948). Aristocrate britannique, fascinée par le nazisme, proche d’Adolf Hitler et militante du British Union of Fascists.

(1930-1997). Maître absolu du Congo/Zaïre pendant plus de trente ans.

(1929-1968). Ministre de l’Éducation de Lumumba et chef de la rébellion du Kwilu (1963-1965). Influencé par le maoïsme, il mène une guérilla paysanne contre le pouvoir central avant d’être atrocement torturé et exécuté sous Mobutu.

(1936-2020). Diplomate belge, consul à Stanleyville lors de la rébellion Simba, pris en otage puis libéré lors de l’Opération Dragon Rouge.

Le dernier oba indépendant du Bénin (règne 1888-1897), déposé par l’expédition britannique et mort en exil.

(vers 1483-1514). Oba du royaume du Bénin, surnommé « le Conquérant ».

Chef coutumier congolais, connu dans l’histoire coloniale pour son rôle dans les résistances locales à l’autorité des Européens.

(1841-1904). Journaliste et explorateur, bâtisseur du Congo de Léopold II.

(1918-1975). Premier président du Tchad indépendant, au pouvoir de 1960 à son assassinat lors d’un coup d’État en 1975.

(1919-1969). Homme d’affaires, président de l’État sécessionniste du Katanga (1960-1963), puis Premier ministre du Congo de 1964 à 1965. Soutenu par des intérêts miniers belges et occidentaux, il incarne la fragmentation du pays au début de l’indépendance.

(1883-1944). Photographe d’origine polonaise, actif au Congo belge dans l’entre-deux-guerres. Installé à Léopoldville, il réalise de nombreux portraits et scènes de vie.

Histoire
Terme
Définition

Autre nom du Rumble in the Jungle.

Doctrine de Mobutu prônant le retour aux racines africaines.

Conférence de 1884-1885 où les puissances européennes fixent les règles du partage de l’Afrique.

Opération retirant à des billets leur cours légal.

Proclamation de la souveraineté du Congo, le 30 juin 1960.

Mutilation emblématique de la terreur léopoldienne.

Intervention belgo-américaine du 24 novembre 1964 pour libérer les otages de Stanleyville.

Rébellion armée (1963-1965) menée notamment par Pierre Mulele, Antoine Gizenga et Christophe Gbenye, qui contrôle un temps l’est du pays depuis Stanleyville et se présente comme une « seconde indépendance » contre le pouvoir central.

Soulèvement du Kwilu, en 1931, contre l’impôt et les cadences des Huileries du Congo belge, écrasé par la Force publique.

Combat de boxe Ali-Foreman, disputé à Kinshasa le 30 octobre 1974.

Journée ou demi-journée de travail collectif obligatoire d’intérêt général, instaurée sous Mobutu : nettoyage des rues, entretien des espaces publics, travaux de village, imposés aux habitants au nom de la « révolution » et de l’« authenticité ».

Société des ambianceurs et des personnes élégantes. Dandysme congolais du vêtement.

Conférence de Bruxelles qui fixa l’indépendance du Congo au 30 juin 1960.

Transfert aux Zaïrois des biens économiques détenus par les étrangers, décrété le 30 novembre 1973. Par extension, africanisation générale des noms et des cadres.

Lieux
Terme
Définition

En l’honneur du roi des Belges Albert Ier, ancien nom de Kalemie, ville de la province du Tanganyika, jusqu’en 1971.

Nom néerlandais d’Anvers, en Belgique.

L’athénée royal de Kalina, lycée de la ville européenne, célèbre pour sa piscine ; aujourd’hui l’Institut de la Gombe.

Rue du quartier de la Gombe, à deux pas du boulevard du 30 Juin, baptisée d’après l’arbre aux fleurs de feu.

Rue du quartier de la Gombe, proche du fleuve, où s’installa en 1964 la première école française de Kinshasa.

Nom de Mbujimayi jusqu’en 1963.

Petit port atlantique du Kongo Central, à l’embouchure du fleuve Congo. L’un des plus anciens comptoirs côtiers, utilisé dès le XIXᵉ siècle comme point de transit du commerce, puis comme débouché maritime de la RN1.

Anciennement Banningville. Ville portuaire au confluent du Kwango et du Kwilu, chef-lieu de la province du Kwilu. Point de passage important sur le réseau fluvial reliant l’intérieur du pays à Kinshasa.

Ville portuaire du Kongo Central, sur la rive du fleuve Congo ; elle fut capitale de l’État indépendant du Congo puis du Congo belge de 1886 à 1929.

Grande artère de Kinshasa, tracée à l’époque coloniale (anciennement boulevard Albert Ier), qui relie la gare centrale à la baie de Ngaliema, en traversant le quartier administratif et d’affaires de la Gombe. Rebaptisé en hommage à la date de l’indépendance (30 juin 1960), il est l’axe symbolique du centre-ville.

Grande artère de Kinshasa (ancienne route de Kenge) reliant la cité à l’est de la ville, en direction de l’aéroport de Ndjili et de la route du Bandundu ; elle porte le nom de Patrice Lumumba depuis les années 1960.

Nom néerlandais de Bruxelles.

Anciennement Costermansville. Grande ville de l’est du Congo, capitale du Sud-Kivu.

Capitale de la province de l’Ituri, sur le plateau à l’ouest du lac Albert.

Fleuve d’Afrique centrale. Pays qu’il traverse et nomme, aux frontières et aux noms changeants.

Colonie belge, de 1908 à l’indépendance de 1960.

Nom de Mbandaka jusqu’en 1966, ville de l’Équateur sur le fleuve Congo. Nom en hommage à l’administrateur belge Camille-Aimé Coquilhat avant de retrouver un nom africain après l’indépendance.

Nom de Bukavu entre 1927 et 1953, en hommage au vice-gouverneur général Paul Costermans.

Sigle de l’État indépendant du Congo.

Nom de Lubumbashi jusqu’en 1966, baptisée ainsi en l’honneur de la reine Élisabeth de Belgique.

Pays de la Corne de l’Afrique, sur la mer Rouge, colonie italienne à partir de 1890, puis rattachée à l’Éthiopie avant de devenir indépendante en 1993.

État propriété personnelle de Léopold II, de 1885 à 1908.

Rivière de Kinshasa ; le district et la piscine populaire qui portent son nom.

Grande ville de l’est du Congo, capitale du Nord-Kivu.

Commune centrale de Kinshasa (anciennement Kalina), quartier administratif et résidentiel. Sous la colonisation, c’est le quartier européen par excellence. C’est aussi le nom d’une rivière de Kinshasa, affluent du Congo.

Capitale du royaume igala, sur la rive du Niger.

Le grand hôtel de Kinshasa, tour dressée sur la Gombe et inaugurée en 1971 ; aujourd’hui Pullman Grand Hôtel.

Quartier européen de Léopoldville, siège de l’administration ; l’actuelle Gombe.

Grande région du centre de la RDC.

Ville de la province de Maniema, à l’est de la RDC.

Province du sud-est du Congo, cœur minier du pays.

Chef-lieu de la province du Kwango, située sur la RN1 à 264 km à l’est de Kinshasa. Elle marque une étape sur l’axe routier qui mène vers Kikwit.

Ville du Kwilu, au cœur des palmeraies du sud-ouest.

Village situé dans la province du Kwilu au Congo.

Diminutif de Kinshasa.

Ville de l’est-centre du Congo, chef-lieu de la province du Maniema.

Capitale de la République démocratique du Congo, et du pays sous chacun de ses noms depuis la colonie, sur la rive gauche du fleuve. Anciennement Léopoldville.

Région de l’est du Congo bordant le lac Kivu, éclatée sous Mobutu en Nord-Kivu et Sud-Kivu. Zone de montagnes et de lacs, elle est à la fois un paysage de grande beauté et un foyer récurrent de rébellions, de guerres et de déplacements de populations.

Rivière née en Angola, affluent de la Kwilu qu'elle rejoint près de Lusanga.

Province de l’ouest de la RDC, dont le chef-lieu est Bandundu ; elle tire son nom de la rivière Kwilu, important affluent du Kasaï qui traverse la région en reliant de nombreuses petites villes.

Diminutif de Léopoldville.

Capitale du Congo belge puis du Congo indépendant, devenue Kinshasa.

Nom colonial de la ville aujourd’hui appelée Lusanga, fondée comme cité de plantation et centre des Huileries du Congo belge, dans la province du Kwilu.

Ville minière du Haut-Katanga, anciennement Jadotville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi. Fondée au début du XXᵉ siècle autour des gisements de cuivre et de cobalt.

Commune de l’est de Kinshasa. Mélange de quartiers résidentiels, industriels et commerciaux.

Anciennement Élisabethville. Grande ville du sud-est de la RDC, deuxième ville du pays et centre industriel du Katanga minier (cuivre, cobalt).

Anciennement Leverville. Ville de la province du Kwilu, ancienne cité de plantation des Huileries du Congo belge.

Rivière de la cuvette centrale congolaise, affluent du Lulonga puis du fleuve Congo, qui traverse une vaste région de forêts et de postes isolés. Dans l’imaginaire colonial, Maringa évoque les stations lointaines, les concessions et les missions perdues au cœur de la forêt.

Ville de la province du Kwilu en RDC, chef-lieu du territoire du même nom, située le long de la RN1 entre Kenge et Kikwit.

Port d’Érythrée sur la mer Rouge, ottoman, puis italien.

Ville portuaire de l’ouest du Congo, sur le fleuve Congo, proche de l’embouchure atlantique. Terminus du chemin de fer venant de l’intérieur, c’est le grand port historique d’exportation des matières premières.

Commune populaire de Kinshasa, au sud du boulevard Lumumba, devenue un important pôle urbain et commercial. Elle est notamment connue pour son grand marché et pour être un nœud de transports (gare routière, départ de nombreuses lignes de bus et minibus).

Capitale diamantifère du Kasaï oriental, au centre du pays.

Village situé sur la RN1 à soixante-cinq kilomètres de Kinshasa en direction de Kikwit.

Ville côtière du Kongo Central, sur l’Atlantique, près de l’embouchure du fleuve Congo et de Banana ; ses longues plages de sable en font le rivage balnéaire du pays. Aussi écrite Muanda.

Commune du sud de Kinshasa, en zone de collines, à la limite du Kongo Central. Quartier urbano-rural, mêlant parcelles agricoles et nouveaux lotissements.

Fondé en 1953, aéroport international de Kinshasa, situé à l’est de la ville, sur la commune de la Nsele, et relié au centre par le boulevard Lumumba. Porte d’entrée et de sortie du Congo/Zaïre, il porte le nom de la rivière Ndjili voisine.

Aéroport national de Léopoldville/Kinshasa, mis en service en 1925.

Commune populaire du sud de Kinshasa, aménagée dans la zone des collines. Créée comme commune de Léopoldville en 1957, elle se densifie rapidement et reste marquée par un habitat modeste.

Cinéma du centre de Kinshasa, avenue du Commerce ; l’une des deux grandes salles de la ville.

Cinéma du boulevard du 30 Juin, à Kinshasa ; l’autre grande salle de la ville.

Parc national de l’est du Congo, créé en 1925 (alors parc Albert), considéré comme le plus ancien parc national d’Afrique. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il s’étend des rives du lac Édouard aux pentes des volcans des Virunga.

Sigle de la République démocratique du Congo. Voir Congo.

Nom porté par le pays de 1964 à 1971, puis de nouveau depuis 1997. Souvent abrégé en RDC. Voir Congo.

Route nationale 1. Grand axe routier est-ouest qui relie Banana et Matadi à Kinshasa, puis Kenge, Kikwit, Kananga, Mbuji-Mayi et Lubumbashi, avant de se prolonger jusqu’à Sakania, à la frontière zambienne, sur 3 087 km au total.

État historique du peuple edo, au sud de l’actuel Nigeria.

Chaîne de montagnes à la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Ses sommets culminent à plus de 5 000 mètres.

Rivière affluente de la Kasaï et province du Congo/Zaïre.

Mine du Katanga, près de Likasi, d’où sortit l’uranium de la bombe d’Hiroshima ; fermée officiellement en 1960.

Grand stade de Kinshasa, inauguré en 1952 sous le nom de stade Roi-Baudouin, rebaptisé stade du 20-Mai en 1967 en référence à la date de création du MPR, puis stade Tata-Raphaël en 1997. Il est notamment célèbre pour avoir accueilli en 1974 le combat de boxe « The Rumble in the Jungle » entre Mohamed Ali et George Foreman.

Nom du stade du 20-Mai jusqu’en 1967. Voir Stade du 20-Mai.

Diminutif de Stanleyville.

Ancien nom de Kisangani, grande ville sur le Congo moyen, au cœur du bassin forestier ; la ville devient célèbre pendant la rébellion Simba et l’Opération Dragon Rouge.

L’ensemble scolaire Saint-Joseph de Tivoli, pensionnat jésuite de la bourgeoisie bordelaise.

Nom du Congo de 1971 à 1997. Ancien nom portugais du fleuve.

Le jardin zoologique de la ville, ouvert sous la colonie près du Grand Marché ; ses pensionnaires décharnés sont un repère kinois.

Marques & institutions
Terme
Définition

Abréviation courante de State Express 555, marque de cigarettes d’origine britannique.

Sigle de l’Anglo-Belgian India Rubber Company.

Compagnie aérienne nationale du Congo indépendant, née en 1961.

Compagnie aérienne nationale du Zaïre, de 1971 à sa faillite en 1995.

Compagnie concessionnaire du caoutchouc dans l’État indépendant du Congo (sigle : ABIR).

Marque française de petit-déjeuner chocolaté, dont le tirailleur souriant et le « Y’a bon » ont nourri un siècle de clichés.

Marque de chaussures d’origine tchèque présente au Congo belge dès les années 1930. Avec l’implantation d’une usine dans les années 1960, la marque s’impose comme fournisseur quasi hégémonique de chaussures bon marché, des villes aux postes les plus reculés.

Marque de cigarettes d’origine belge produite sous licence localement.

Constructeur français de véhicules industriels (camions, cars, véhicules militaires), très présent en Afrique au XXᵉ siècle. Ses gros camions, robustes, marquent durablement le paysage routier du Congo/Zaïre, jusque tard dans l’époque mobutiste.

Margarine de la galaxie Unilever, reine des tartines belges et africaines.

La British Petroleum, compagnie pétrolière britannique issue de l’Anglo-Persian de 1909.

Brasseries de Léopoldville puis de Kinshasa, grande brasserie fondée à l’époque coloniale (1910) et productrice de Primus, Mützig, etc. Présente dans plusieurs villes du pays, elle est l’une des principales industries de boissons du Congo/Zaïre.

Le lait chocolaté bordelais, né en 1954 à la laiterie de la Benauge ; la petite bouteille brune des foyers et des cafés.

Marque américaine de cigarettes lancée en 1913 par R. J. Reynolds, au dromadaire ; à Kinshasa, la cigarette des expatriés et des classes aisées.

Compagnie aérienne congolaise de fret, active à la fin des années 1960 et au début des années 1970, spécialisée dans le transport de marchandises, notamment de produits périssables.

École française de Kinshasa (futur lycée français René-Descartes), fondée en 1964 pour scolariser les enfants francophones. Elle suit les programmes de l’Éducation nationale française.

Marque britannique de cigarettes créée en 1921 par Carreras, reconnaissable à son chat noir ; à Kinshasa, la cigarette de la bourgeoisie.

Église indépendante africaine, d’inspiration chrétienne, fondée en 1921 au Congo belge par Simon Kimbangu.

Quotidien du soir de Kinshasa, né en 1972 de la mise au pas de la presse zaïroise.

Boisson gazeuse fruitée créée en 1940, omniprésente en Afrique dans la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Marque d’essence de la Petrofina, compagnie pétrolière belge née en 1920.

Motocyclettes fabriquées par la Fabrique Nationale (FN), entreprise belge installée à Herstal. Connues pour leur robustesse, les motos FN circulent en Afrique centrale, associées à la modernité mécanique et aux déplacements rapides.

Armée coloniale du Congo, de la conquête léopoldienne à l’indépendance. En néerlandais : Weermacht.

Compagnie minière du Congo belge, maîtresse du diamant du Kasaï.

Marque britannique de tourne-disques, référence des studios et des radios ; celui de Romolo Galli trône sur le buffet, sous la chicotte.

Cigarette française de tabac brun, créée en 1910, au casque gaulois ailé ; à Kinshasa, la cigarette des intellectuels et des coopérants.

Cigarette française de tabac brun, créée en 1910, au paquet bleu et à la danseuse ; celle qu’Édith et Robert fument au mariage.

Sigle des Huileries du Congo belge.

Ancien nom de l’hôpital général de Kinshasa, baptisé en 1972 du surnom de la mère de Mobutu (Mama Yemo). Les premiers pavillons de l’Hôpital pour indigènes sont ouverts en 1924. Les pavillons de la maternité sont construits en 1949.

Concession de Lever Brothers pour l’huile de palme au Congo belge.

Savonnier britannique fondé en 1885 par les frères William et James Lever, ancêtre d’Unilever.

Le cow-boy de Morris qui tire plus vite que son ombre, né en 1946 dans l’almanach de Spirou.

Marque française de chewing-gum lancée à la fin des années 1950 par la société Kréma, célèbre pour ses grosses bulles et ses vignettes-tatouages glissées dans chaque emballage.

Marque américaine de cigarettes de Philip Morris, relancée en 1954 avec son filtre et son cow-boy ; à Kinshasa, l’image de la modernité.

Constructeur automobile japonais d’Hiroshima, né en 1920 d’une fabrique de bouchons de liège.

Société minière de Bakwanga, héritière de la Forminière au Kasaï.

Grande minoterie industrielle du Congo/Zaïre, installée à Matadi. Elle fournit la farine dans tout le pays.

Parti unique créé par Mobutu en 1967, érigé en parti d’État au début des années 1970 : tous les Zaïrois sont réputés en être membres de droit. Sigle : MPR.

Marque de lait en poudre produite par Nestlé, vendue en boîtes métalliques.

Marque de cigarettes zaïroise, forte, rustique et bon marché : la cigarette du peuple de la cité, vendue à l’unité aux coins de rue.

Marque de lessive en poudre d’Unilever, lancée en 1952 ; à Kinshasa, la seule que l’on trouvait.

Surnom donné à la section primaire de l’école française de Léopoldville/Kinshasa René-Descartes.

Marque de petits bonbons rectangulaires, d’origine autrichienne, vendus en plaquettes et dans des distributeurs en plastique à tête décorative.

Bière blonde produite au Congo/Zaïre, devenue la grande bière populaire du pays. Vendue en bouteilles de 72 cl.

Prison centrale de Kinshasa, grande maison d’arrêt surpeuplée, devenue un symbole de la répression politique, des détentions arbitraires et des conditions carcérales extrêmement dures.

Station de radio coloniale portugaise basée à Luanda, qui diffuse musique, discours officiels et bulletins d’information vers les colons et les élites urbaines jusqu’à l’Indépendance de l’Angola.

Compagnie aérienne nationale belge (1923-2001), longtemps opératrice des liaisons entre Bruxelles et Léopoldville/Kinshasa.

Quotidien du matin de Kinshasa, né en février 1972 de la mise au pas de la presse zaïroise.

Constructeur français de camions et d’autobus, filiale du groupe Renault entre 1955 et 1978. Ses bus et camions, exportés largement vers l’Afrique, sillonnent les routes du Congo/Zaïre.

Bière blonde lancée à Kinshasa en 1965, rivale jurée de la Primus.

Société de transport au Zaïre, entreprise publique de bus urbains.

Marque britannique de cigarettes, produite par British American Tobacco, un cran au-dessus de la Belga sur l’échelle kinoise.

Savon de ménage de Lever Brothers, à l’huile de palme.

Télévision nationale du Zaïre à partir des années 1970, organe de propagande du régime de Mobutu et vitrine de la « zaïrianisation » : journaux télévisés très encadrés, retransmissions des discours officiels et programmes de variétés populaires.

Compagnie pétrolière américaine née en 1901 au Texas ; son étoile rouge marquait les stations du monde entier.

Le reporter à la houppette d’Hergé, né en 1929 ; son journal hebdomadaire fit lire toute la francophonie.

Marque de dragées chocolatées produites par Mars : cacahuètes enrobées de chocolat et d’une fine couche de sucre. Très populaires dans les années 1960-1970, les Treets seront peu à peu remplacés sur le marché par les M&M’s.

Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Agence spécialisée de l’ONU, fondée en 1945, chargée de promouvoir la coopération internationale en éducation, culture, science et communication, notamment à travers la protection du patrimoine (sites, langues, traditions).

Multinationale née en 1929 de la fusion de Lever Brothers et de la Margarine Unie.

Compagnie belge fondée en 1906, maîtresse du cuivre, du cobalt et de l’uranium du Katanga jusqu’à sa nationalisation en 1967.

Union de transports aériens : la compagnie française de l’Afrique, de 1963 à son absorption par Air France.

Marque congolaise de boisson gazeuse sucrée, au goût de grenadine/framboise, produite et embouteillée en République démocratique du Congo.

Marque allemande historique d’optique et d’appareils photo, fondée au XVIIIᵉ siècle, connue pour ses objectifs et ses boîtiers robustes. Pionnière de la jumelle : lorgnettes de théâtre dès 1811, jumelles de campagne, plus grandes et renforcées, à partir de 1840 environ.

Force armée. Nom néerlandais de la Force publique.

Marque américaine connue au Congo/Zaïre pour ses climatiseurs et ses ventilateurs.

Horloger français de Besançon ; sa Superman, plongeuse étanche à 300 mètres, fut la première montre de bien des enfances.

Marque américaine de briquets métalliques réutilisables, fabriqués depuis 1932, devenus populaires dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, puis au Vietnam.

Mots & expressions
Terme
Définition

Le cri des Zaïrois pour Mohamed Ali en 1974 ; de boma ye, « tue-le ».

Faire monter la fête, entraîner les autres.

Personne qui met l’ambiance : celui qui danse, parle, plaisante, lance les cris, entraîne les autres. Dans le cadre de la SAPE, c’est aussi un maître de la fête et un créateur de style.

Cacahuète.

Allez à pied ! : les deux jambes dessinent le chiffre 11.

Débrouillez-vous ! : l'article imaginaire qui tient lieu de constitution.

Soldat indigène enrôlé dans la Force publique. Mot d’origine arabe passé dans le français colonial.

Ici.

Enfants. Pluriel de mwana.

Véranda couverte, seuil entre la maison et la rue.

Derrière les portes fermées. À huis clos, loin des regards.

Croyez-moi.

Sale bête.

Habillé de vêtements de marque : la griffe se voit.

Choses, affaires, objets.

Guerre éclair. Stratégie militaire fondée sur une attaque rapide et concentrée pour percer les lignes ennemies avant qu’elles ne s’organisent.

Allez ! partez ! Impératif pluriel du verbe kokende, aller ; au singulier : kende, « va ! ».

Tue-le.

Injure raciste du français colonial, née d’un mot wolof qui veut dire « noir ».

Domestique des maisons coloniales.

Quartier des domestiques : ensemble des dépendances où logent les boys, à l’écart de la maison principale.

Désigne tout ce qui est en dehors de la ville et des routes principales. C’est l’arrière-pays, l’espace rural ou sauvage où la vie est moins urbanisée.

Grand immeuble moderne, en ville. Le mot de tous les francophones du Congo/Zaïre, qui ne disaient jamais « immeuble ».

Technique de pilotage dans des zones reculées (brousse, pistes sommaires), avec décollages et atterrissages courts, souvent dans des conditions difficiles.

Contremaître africain, relais de l’autorité des Européens. De l’anglais captain.

Arrêter l'école : reposer le stylo pour de bon.

Personne très forte, résistante, « dure à cuire » ; peut aussi désigner quelqu’un de particulièrement doué ou impressionnant dans ce qu’il fait.

La monnaie que l'on vous rend.

Chef surveillant. Responsable principal de la surveillance et de la discipline sur un site (plantation, chantier, camp), placé au-dessus des autres surveillants ou capitas.

Quartier réservé aux Africains dans les villes coloniales, et séparé des quartiers européens. Appelé à l’époque coloniale : « cité indigène ».

Appellation officielle du Zaïre de Mobutu, substituée en 1974 à Monsieur, Madame et Mademoiselle.

Le meilleur ami du colon.

Territoire dont l’État cède l’exploitation à une compagnie privée.

Enseignant, médecin ou technicien envoyé au titre de la coopération.

Service à l’étranger tenant lieu de service militaire. Aide publique entre États.

Corruption et contrebande.

Indépendance. Mot qui désigne l’indépendance politique, en particulier celle du Congo le 30 juin 1960.

Cinéma en plein air où les spectateurs restent assis dans leur voiture, face à un grand écran.

Interjection à tout faire : l'étonnement, l'admiration, l'évidence.

Torchon, serviette de toilette.

Même si c’en est une mauvaise.

Congolais jugé « occidentalisé » par l’administration coloniale.

C'est combien ?, en lingala.

Comptoir commercial des régions de traite.

Terme utilisé par les Européens pour désigner un nganga ou un praticien des cultes dits de fétiches.

Mec, gars. Terme familier pour s’adresser à un homme ou parler de lui, avec une nuance de camaraderie.

Décapsuleur : du lingala kofungola, ouvrir, coiffé d'un suffixe bien français.

Que Dieu damne. Juron grossier employé en flamand/néerlandais, équivalent approximatif de « nom de Dieu ».

« Il tombe en Charybde en voulant éviter Scylla. » D’après Gautier de Châtillon, dans L’Alexandréide.

Désigne l’intérieur du pays, par opposition à la capitale (et parfois aux grandes villes côtières). Équivalent de « la province ».

À vous de choisir.

Reine mère. Titre donné à la mère de l’oba dans l’ancien royaume du Bénin.

Il y a très longtemps, en lingala.

Habitant de Kinshasa ; adjectif de tout ce qui vient de la capitale.

Art de réparer les céramiques brisées avec une laque saupoudrée d’or ou d’argent, laissant visibles les lignes de fracture comme partie de l’histoire de l’objet.

Ma prison.

Aujourd’hui.

Lividité cadavérique. Coloration violacée des parties déclives du corps après la mort, due à la stagnation du sang.

Serpillière.

Mauvais, méchant, dangereux.

Jamais.

Charbon de bois.

Fort, solide, dur, robuste, difficile.

Bien, bon, correct, agréable.

Petite gargote, échoppe ou cantine de fortune où l’on vend des plats simples et bon marché, souvent en plein air ou sous un abri de planches.

Maman, madame. Terme respectueux pour s’adresser à une femme adulte, qu’elle soit mère ou non.

Maman/Madame n’est pas là.

Pourboire, bakchich, petite corruption ordinaire.

Problème, difficulté, ennui, désordre, tracas, embrouilles.

Herbes, brousse, broussaille.

Bonjour, salut.

Bonjour à toi.

Chien.

Souviens-toi que tu mourras.

Messieurs. Pluriel de mijnheer (monsieur).

Établissement fondé et tenu par une congrégation religieuse (catholique ou protestante), comprenant généralement chapelle, école, parfois dispensaire et bâtiments d’habitation.

Prêtre, religieuse, religieux ou laïc envoyé par une Église pour évangéliser, enseigner et encadrer les communautés locales. Dans le contexte congolais, figure très présente dans les écoles et les dispensaires.

Moi, dans la prononciation traditionnelle du Québec, héritée de l’ancien français.

Pas de danse glissé qui fait reculer le danseur tandis qu’il semble marcher en avant. Popularisé par Michael Jackson en 1983, il se dansait bien avant lui, chez James Brown notamment.

Feu, chaleur, chaud.

Voleur.

Petit, petite.

Blanc, Européen.

Enfant.

Inexplicable, étrange : ce que la raison n'attrape pas.

Je vais te frapper.

Je vais te dénoncer, je vais rapporter.

Je t’aime, je t’aime bien. Peut exprimer l’amour amoureux ou l’affection forte, selon le contexte et la situation.

Je vais bien, ça va.

Bar, buvette ou petit restaurant populaire.

Devin-guérisseur. Spécialiste des forces invisibles, consulté pour soigner, protéger, lever une malédiction ou enquêter sur l’origine d’un malheur.

Arachide, cacahuète.

« C’est maintenant qu’il faut boire. » Horace, Odes, I, 37, vers 1 ; première moitié du vers dont la suite est « nunc pede libero pulsanda tellus ».

« Maintenant, d’un pied libre, il faut frapper la terre. » Horace, Odes, I, 37, vers 1-2 ; seconde moitié du vers ouvert par « nunc est bibendum » : l’appel à boire et à danser à la mort de Cléopâtre.

Animal, viande. Le mot peut être employé comme insulte dans les échanges violents.

Titre du roi dans l’ancien royaume du Bénin (sud du Nigeria).

Sans valeur, simple, ordinaire.

Papa, père. Terme affectueux ou respectueux pour désigner son père, mais aussi, par extension, un homme adulte selon le contexte.

Aussi, de même, quand même. Placé en fin de phrase, emploi adverbial caractéristique du français du Québec.

Pourquoi, parce que.

Missionnaire de la Société des missionnaires d’Afrique, à l’habit blanc.

Français de caserne réduit à l’infinitif, codifié par l’armée coloniale pour ses tirailleurs, devenu la caricature du Noir parlant français.

Enfant de la rue : celui qui n'a pour lit que le trottoir.

Presque un Italien.

Bonjour. Formule de salutation un peu soutenue.

Quelles nouvelles ? Formule de salutation très courante, équivalente à « Quoi de neuf ? » ou « Comment ça va ? ».

Adepte de la SAPE. Dandy congolais ou zaïrois qui se distingue par des vêtements de marque, des costumes très travaillés, des couleurs audacieuses et des manières théâtrales.

Se taire, fermer sa bouche (familier) ; la trappe désigne la bouche.

Pluriel de sentry.

Sentinelle, factionnaire. Soldat indigène chargé de monter la garde à un poste fixe, de surveiller un lieu (porte, camp, dépôt) et de donner l’alarme en cas de danger.

Chute courte. Méthode de pendaison dans laquelle la hauteur de chute est insuffisante pour briser la nuque ; la mort survient lentement par strangulation et asphyxie plutôt que par rupture cervicale (long drop).

Manière d’agencer les tatamis en alternant leur sens, de façon perpendiculaire.

Lion. Nom donné aux combattants de la rébellion Simba.

Débardeur, maillot de corps. De l’anglais.

Tong.

Tellement étrange. Trop bizarre.

Alors, les diamants, ça compte pas ?

J’espère.

Sale bête !

Tais-toi.

Attaque aérienne à basse altitude au canon ou à la mitrailleuse, destinée à arroser une cible au sol (troupes, véhicules, colonnes).

Argot d’internat pour désigner le surveillant général, maître de la discipline dans les lycées d’autrefois.

Texte bref de la tradition hindoue ou bouddhique, présentant en formules condensées un enseignement religieux, philosophique ou pratique.

Tais-toi.

Champs en terrasses, notamment rizières, aménagés sur le flanc des montagnes : successions de petites parcelles en gradins qui suivent la pente et retiennent l’eau.

Terme respectueux pour désigner un homme âgé, un aîné, parfois un voisin ou un proche que l’on traite comme un père. Marque la considération et l’âge plus que le lien de parenté strict.

Bruit de succion produit par la bouche pour exprimer désapprobation, agacement ou mépris.

Produire un tchip.

Taxi hors d'âge, si rongé de rouille qu'il porte le nom de la maladie.

Au lit. L’heure d’aller se coucher.

Toi, dans la prononciation traditionnelle du Québec, héritée de l’ancien français.

Dénigrement. Art de provoquer l’adversaire par des paroles moqueuses, des insultes ou des vantardises, pendant le jeu ou le combat. Mélange de domination verbale, d’intimidation et de mise en scène de soi.

Trop vieux.

Abréviation utilisée dans les dossiers médicaux, psychologiques ou policiers pour désigner une tentative de suicide.

Saison des pluies au Japon, période de chaleur moite où il pleut presque tous les jours.

Vanité, vacuité. En histoire de l’art, désigne un genre de nature morte symbolique (crâne, sablier, bougie, fleurs fanées, fruits gâtés, etc.) rappelant la fragilité de la vie, la futilité des richesses et la certitude de la mort.

Bouteille vide consignée, que l'on rapporte contre quelques pièces.

Pièce principale de style traditionnel japonais : sol en tatamis, portes coulissantes, alcôve décorative.

Viens !

Tu seras ruiné en dix minutes.

Musique
Terme
Définition

Abeti Masikini (Élisabeth Finant), 1954-1994. Chanteuse congolaise originaire du Haut-Zaïre, considérée comme l’une des grandes dames de la musique africaine moderne. Surnommée parfois « La reine du soukous », elle mêle rumba, influences afro-pop et revendications féminines, ouvrant la voie à d’autres chanteuses.

Premier grand orchestre moderne du Congo, fondé par Grand Kallé.

Rythme de caisse claire du soukous, moteur du sebene.

Orchestre de soukous fondé à Kinshasa en 1972 par Pepe Kalle, Papy Tex et Dilu Dilumona. Son nom fait référence au royaume kuba ; le groupe développe un style spectaculaire, très dansant, qui marquera profondément la scène populaire zaïroise des années 1970-1980.

(1938-1989). Guitariste et chef d’orchestre, sorcier de la rumba congolaise.

Chanson de l’African Jazz, devenue l’hymne des indépendances africaines.

(1950-). Chanteur et compositeur congolais (Congo-Brazzaville), actif à partir des années 1970, qui s’impose avec une rumba élégante et mélodique, souvent enregistrée à Paris.

Hymne national du Zaïre entre 1971 et 1997. Chant diffusé dans les écoles, au cinéma et à la radio avant chaque cérémonie officielle.

(1932-2008). Chanteuse sud-africaine, figure mondiale de la chanson et de la lutte anti-apartheid.

Orchestre de Franco, pilier de la rumba congolaise.

(1949-2016). Chanteur, rénovateur de la rumba et roi de la SAPE.

(1951-1998). Chanteur congolais au gabarit imposant (Kabasele Yampanya), élève de Grand Kallé, devenu le leader charismatique d’Empire Bakuba. Sa voix puissante et son sens du spectacle en font l’une des grandes figures de la musique zaïroise. Surnommé parfois « l’éléphant de la rumba ».

Genre musical né au Congo dans les années 1940, matrice des musiques congolaises.

Partie dansante de la rumba congolaise.

Danse dérivée de la rumba congolaise, plus rapide et plus secouée.

Trio vocal formé en 1972 par Mario, Djeskain et Saak Saakul (d’où l’acronyme Ma-Dje-Si). Accompagné par l’orchestre Sosoliso, le groupe mélange soukous, jazz et soul et incarne, dans les années 1970, une veine très urbaine et inventive de la chanson zaïroise.

(1944-2022). Saxophoniste, compositeur, chef d’orchestre et producteur congolais, passé par l’OK Jazz avant de fonder Orchestre Vévé et son propre label. Véritable dénicheur de talents, il contribue à lancer ou à consolider la carrière de nombreux artistes et orchestres de la rumba moderne.

Nom associé à Verckys Kiamuangana Mateta : à la fois orchestre (Orchestre Vévé) et label (Éditions Vévé). Dans les années 1970, Vévé devient un pôle important de production et de diffusion de la rumba, révélant ou soutenant de nombreux groupes (Zaïko, Empire Bakuba, etc.).

Orchestre créé par Papa Wemba en 1977, après son départ de Yoka Lokole, pour affirmer sa propre voie musicale et esthétique. Basé à Kinshasa, puis très présent à Paris, le groupe devient un laboratoire de styles (rumba, soukous, influences européennes) et le principal vecteur de l’univers dandy de Papa Wemba.

Orchestre kinois fondé en 1969, tête de la nouvelle vague zaïroise.

Trois nuits de concerts au stade du 20-Mai, du 22 au 24 septembre 1974, en prélude au Rumble in the Jungle. L’Amérique noire et la rumba zaïroise sur la même scène.

Objets
Terme
Définition

La Renault 4, la populaire à hayon produite à plus de huit millions d’exemplaires de 1961 à 1992.

Abréviation d’« à bas le costume ». Vêtement officiel des cadres du régime Mobutu.

Fusil de calibre 11 mm à un coup, utilisé par la Force publique au Congo jusqu’au début du XXᵉ siècle.

Couteau japonais à pointe anguleuse, entre le santoku et le kiritsuke.

Petit coquillage blanc, autrefois utilisé comme monnaie, puis comme parure.

Fouet en cuir d’hippopotame ou de rhinocéros, instrument du châtiment colonial.

Outil à très longue lame recourbée au bout pour couper l’herbe sans avoir à se baisser, dans un mouvement de faucheur. Parfois synonyme de machette.

Lingot de cuivre en forme de croix, utilisé autrefois comme monnaie dans la région du Katanga.

Bimoteur de transport américain de la Seconde Guerre mondiale, reconverti après-guerre en cargo des lignes africaines.

Sigle du dichloro-diphenyl-trichloroéthane, insecticide de synthèse massivement utilisé au milieu du XXᵉ siècle contre les moustiques et autres insectes. Longtemps présenté comme produit miracle, il sera finalement dénoncé pour ses effets toxiques sur la faune, l’environnement et la santé humaine et progressivement interdit à partir des années 1970.

Petite image photographique positive montée dans un cadre (en général 24×36 mm), projetée sur un écran à l’aide d’un projecteur de diapositives.

Désigne un objet chargé de puissance par un nganga : protection, guérison, vengeance, chance, etc.

Coiffe tronconique de feutre, souvent rouge, ornée d’un gland.

Camion aménagé pour le transport public, emblème roulant de Kinshasa.

Le couteau de chef à la japonaise ; son nom signifie « sabre à bœuf ».

Oracle à friction kuba, souvent à tête de crocodile.

Le tout-terrain léger de l’armée américaine (1941-1945), devenu après-guerre la Jeep de tout le monde.

Yacht présidentiel de Mobutu Sese Seko, bateau fluvial luxueux naviguant sur le fleuve Congo.

Sabre japonais à lame courbe dont la poignée permet une prise à deux mains.

Banderole de carpe. Manche à air en forme de carpe, hissée sur des mâts le jour de la fête des enfants au Japon, symbolisant courage, persévérance et prospérité.

Grande cithare posée à plat, dotée de treize cordes tendues sur des chevalets mobiles, que l’on pince avec des onglets fixés aux doigts. Instrument emblématique de la musique traditionnelle japonaise.

Le tout-terrain de Toyota, né en 1951 sur le modèle de la jeep ; l’increvable des pistes africaines.

Plus petite unité de la monnaie zaïroise, singulier de makuta : 100 makuta = 1 zaïre.

Grand couteau à large lame utilisé pour débroussailler, couper des branches, ouvrir des chemins ou fendre certains fruits.

Pluriel de likuta ; sous-unité du zaïre : 100 makuta = 1 zaïre.

Petite barre de cuivre ou de laiton utilisée comme monnaie le long du fleuve Congo ; selon les peuples, le fil se portait aussi tordu en bracelets ou tressé, comme chez les Teke. L’État indépendant en fixa la valeur à quinze centimes en 1886.

La berline française dessinée par Pininfarina en 1960 ; increvable, elle a régné sur les routes d’Afrique.

Petit camion ou voiture à cabine fermée et plateau arrière ouvert, utilisé pour transporter des passagers ou des marchandises, en ville comme en brousse.

Fibre tirée des feuilles de palmiers du genre Raphia, utilisée pour fabriquer cordes, paniers, nattes, chapeaux, tissus et parures.

Le couteau japonais « aux trois vertus » : légumes, viande, poisson.

Flûte droite en bambou, soufflée par l’extrémité supérieure, au son grave, soufflé et méditatif.

Bateau à vapeur. Bateau fluvial à vapeur qui remonte le Congo et ses affluents, pour transporter marchandises et personnes d’une ville à l’autre.

Le couteau à légumes des professionnels japonais, à lame mince et à un seul biseau.

Coton imprimé à la cire, aux couleurs franches, porté en pagne dans toute l'Afrique.

Peuples & langues
Terme
Définition

Ensemble de groupes installés le long du fleuve Congo et de ses affluents, formant un large ensemble linguistique et culturel aujourd’hui en grande partie lingalaphone.

Grand peuple d’Afrique de l’Ouest, installé autour de Benin City (actuel État d’Edo, Nigeria), fondateur du royaume du Bénin, célèbre pour ses bronzes et son art de cour.

Peuple du confluent du Niger et de la Bénoué, dans l’actuel Nigeria.

Peuple du Kasaï, fondateur d’un royaume célèbre pour son art de cour.

Langue véhiculaire du fleuve Congo, parlée notamment à Kinshasa et Brazzaville.

Langue bantoue parlée par les peuples mongo de la cuvette centrale congolaise.

Peuple d’Afrique centrale installé dans le nord-est de la République démocratique du Congo (Haut-Uele), parlant une langue de la famille soudanique centrale. Ils sont réputés pour leur pratique ancienne de l’allongement du crâne.

Peuple nilotique semi-nomade d’Afrique de l’Est. Pasteurs de bovins, ils sont connus pour leur culture guerrière très marquée.

Peuple bantou vivant surtout dans les régions actuelles du Kwilu, du Kwango et du Kasaï, connu pour une grande révolte contre l’administration coloniale en 1931.

Peuple bantou d’Afrique centrale établi dans le sud-est de la RDC.

Langue véhiculaire de la région des Grands Lacs et de l’océan Indien, parlée notamment en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi et dans l’est de la RDC, où elle est liée aux routes commerciales anciennes.

Groupe ethnique principalement établi au Rwanda et au Burundi.