Pas de danse glissé qui fait reculer le danseur tandis qu’il semble marcher en avant. Popularisé par Michael Jackson en 1983, il se dansait bien avant lui, chez James Brown notamment.
Le moonwalk est une illusion : le danseur glisse à reculons pendant que son corps mime la marche en avant. Les historiens de la danse le font remonter à Cab Calloway, qui le pratiquait dès 1932 sous le nom de « Buzz », et au théâtre des mimes, dont la « marche contre le vent » de Marcel Marceau est la cousine immobile ; le danseur de claquettes Bill Bailey l’exécute à l’Apollo de Harlem en 1955, et Jeffrey Daniel, du groupe Shalamar, le montre à la télévision britannique en 1982 avant de l’enseigner à Michael Jackson. Le 16 mai 1983, sur Billie Jean, aux vingt-cinq ans de la Motown, Jackson le baptise moonwalk : le monde entier découvre, en hurlant, un pas vieux d’un demi-siècle.
Dans le roman
« Le Danseur », quant à lui, avait la faveur des jeunes. Il changeait souvent de poste, sur le boulevard, comme s’il était en tournée internationale : un jour à Broadway, un autre au Royal Albert Hall, le lendemain à l’Olympia. Il sautait, pirouettait avec entrain, glissant dans sa chorégraphie fluide quelques pas qu’on aurait pu rapprocher du taiji de style Chen. Sa spécialité était le moonwalk, qu’il avait pris, non pas à Michael Jackson, c’était trop tôt, mais à James Brown, peut-être même à Cab Calloway. Il le pratiquait pour revenir à son carrefour de départ, entre deux files de véhicules au milieu desquelles il s’était avancé pour sentir le public. Cette élégance souple m’était étrangère : à la maison, tout passait par la rigidité, les ordres secs, les claquements de portes. Chap. XXV.