Paysage de plaines ouvertes où alternent herbes hautes, arbustes et quelques arbres isolés ou en bosquets.
Entre la forêt équatoriale et les terres sèches, la savane est le paysage des transitions : herbes qui jaunissent à la saison sèche, feux de brûlis, arbres épars taillés par le vent, et cette lumière rasante qui fait de chaque silhouette un théâtre. C’est le domaine des grands herbivores et de leurs prédateurs, celui que le mot brousse désigne quand on la traverse plutôt qu’on ne la contemple. Le roman lui confie trois registres : une odeur, celle de la terre après la pluie ; un théâtre de mort, celui des chasses à l’ivoire ; et, à la toute dernière page, sa plus haute métaphore, l’arbre qui grandit seul, sans l’abri de la forêt.
Dans le roman
D’abord, une énorme bouffée de savane après la pluie : la terre humide, les herbes écrasées. Chap. XVIII.
L’éléphant s’affaissait à genoux, enveloppé de poussière, comme suppliant, dans le silence de la savane qu’avaient désertée les oiseaux. Chap. XXXV.
Ce n’est pas l’arbre protégé par la forêt, le plus robuste ; c’est celui qui, seul dans la savane, se dresse exposé aux orages et à la canicule. Pour cela, je déborde de gratitude. Chap. LIX.
