L’ensemble scolaire Saint-Joseph de Tivoli, pensionnat jésuite de la bourgeoisie bordelaise.
« Tivoli », pour tout Bordeaux, c’est Saint-Joseph de Tivoli : l’héritier du collège jésuite de la Madeleine, fondé en 1572 et fermé quand la Compagnie fut expulsée en 1762, refondé en 1850 et installé en 1859 dans le quartier de Tivoli, dont il a gardé le nom en déménageant à Caudéran, où son lycée est inauguré en 1931. Établissement privé catholique sous tutelle jésuite, de la maternelle aux classes supérieures, il forme depuis des générations les fils, puis les filles, de la bourgeoisie bordelaise, avec l’exigence et l’internat en tradition ; la maison a fêté ses quatre cent cinquante ans en 2022. On y entre par concours de circonstances ou par héritage ; on en sort tivolien pour la vie, quoi qu’on pense de ses années.
Dans le roman
En troisième, c’était en 1976, je rentrai, dans le déchirement, au pensionnat de Saint-Joseph-de-Tivoli à Bordeaux, un établissement scolaire privé catholique tenu par les jésuites. Pendant ce temps, toute ma famille, tous mes amis, restaient à Kin. J’avais l’impression d’être banni, condamné à vivre désormais reclus. Tivoli faisait partie des lycées prisés de la bourgeoisie bordelaise, au même titre que l’Assomption, institution pour les filles, qui se trouvait à cinq minutes, sur l’autre trottoir du boulevard. À partir de la seconde, sous la pression des hormones, les Tivoliens tentaient une forme de « jumelage » individuel avec ces demoiselles, mais c’était peine perdue : la discipline, bien plus stricte de leur côté que du nôtre, n’autorisait aucune fantaisie. Les sœurs étaient bigrement vigilantes. Chap. XXIV.
À Tivoli, j’étais le seul non-Blanc ; ça vous donne une certaine visibilité. Au reste, je n’en croisais guère d’autres dans les rues de Bordeaux. Chap. XXIV.
