« La mauvaise nouvelle », chantée par l’orchestre le plus fêtard de Kinshasa, devant des mamans, des dockers et des chauffeurs de taxi venus danser. Il n’y a là aucune contradiction : c’est même la règle de cette musique. On annonce le deuil sur un tempo qui fait lever la salle, parce qu’il faut bien que la nouvelle passe quelque part.
Dans le roman
L’univers d’Empire Bakuba mêlait avec science rumba zaïroise et rythmes du Kasaï et s’imposait dans le soukous. Misant à fond sur leurs prestations scéniques, grâce à des tenues de sapeurs extravagantes – à ce stade-là, ce n’était plus un pléonasme –, des nains ambianceurs et des chorégraphies enfiévrantes, Pepe Kalle et son orchestre séduisaient, dans la cité, une foule populaire venue pour faire la fête : des mamans, des vendeuses de marchés, des dockers, des chauffeurs de taxi, des ouvriers, des soldats… et même des enfants et des grands-parents qui n’étaient pas les derniers à entrer en transe. Chap. LV.