Walkin’ Blues

Walkin’ Blues

Artiste

Muddy Waters

Année
1950
Registre
Blues
Chapitre

LII

Le morceau tourne pendant que l’enfant examine sa propre main. Il y voit des taches d’encre et « une ligne de vie balbutiante qui sentait la colle en bâton ». Puis il se pose trois questions : sur quoi pourrait-il miser, saurait-il tricher, aurait-il seulement envie de rester assis à la table.

Les deux premières concernent le jeu. La troisième n’a rien à y faire, et c’est elle qui compte, parce qu’elle ne demande pas comment jouer mais s’il faut partir. Un blues de la marche arrive exactement là.

Du morceau, le texte ne retient qu’un geste : le bottleneck qui « allongeait les cordes ». Tirer sur une corde jusqu’à lui faire rendre une note qu’elle ne contient pas, c’est le seul artifice de la soirée qui produise quelque chose de vrai. Autour de la table on triche aussi, et il n’en sort rien.

Il ne partira pas ce soir-là. Il se rallongera sur le tapis et laissera la dernière donne se jouer sans lui. Le départ attendra quarante ans, et il prendra la forme d’un récit.

Dans le roman

La partie continua. La pluie glissait, continuelle. Muddy Waters allongeait les cordes avec son bottleneck. Chap. LII.

Archives

Muddy Waters, Walkin’ Blues, single, 1950.