Boisson pourpre et acidulée tirée des calices d’hibiscus ; au Congo on la nomme ngai ngai.
Le bissap, c’est le nom sénégalais d’une boisson que toute la ceinture chaude connaît : les calices rouges de l’hibiscus sabdariffa, l’oseille de Guinée, séchés puis infusés, donnent un jus d’un rouge profond, acidulé, qu’on sucre et qu’on parfume à la menthe ou au gingembre. L’Égypte le boit en karkadé, chaud ou glacé ; le Congo l’appelle ngai ngai ; le Sénégal en a fait sa boisson nationale. La fleur elle-même, d’un rouge absolu, décore les tables autant qu’elle les désaltère.
Dans le roman
Sur des pics d’ivoire, on trouve, enfilés en alternance, des morceaux de plantains dorés et des tranches d’ignames rôties, relevés d’un mince filet de miel de baobab à la douceur rustique et caramélisée. Ces petites brochettes, décorées de fleurs de bissap d’un rouge absolu qui ajoutent avec bonheur une note acidulée, sont arrangées dans des feuilles de bananier pliées en forme de pirogues. À leur vue, aussitôt, l’esprit dérive dans les méandres du fleuve Congo ; on peut sentir le souffle des fleurs qui bordent ses rives. Chap. XLI.