Fouet en cuir d’hippopotame ou de rhinocéros, instrument du châtiment colonial.
Le nom vient du portugais chicote (fouet). Son usage, de l’État indépendant du Congo au Congo belge, est public et codifié : l’administration fixe les motifs (quotas manqués, impôts impayés, insolences) et le nombre de coups. La règle veut des lanières plates ; les plus cruels leur préfèrent la chicotte torsadée, non réglementaire, qui entaille au lieu de meurtrir. Longtemps légale, elle ne fut abolie que tardivement, par étapes, et reste dans les mémoires comme le symbole même de la violence coloniale.
Dans le roman
Une monstrueuse défense d’éléphant de deux mètres quarante et soixante-huit kilos y trônait. Au-dessus était accrochée une chicotte non réglementaire. Chap. XXXI.
Le capita brandit sa chicotte torsadée. Chacun de ses coups découpait mon corps en tranches sous le contrôle d’un sous-officier. Chap. XXXIX.
« Et puis la chicotte a été abolie pour les membres de la Force publique, de l’administration, et du clergé, ajouta le père Tremblay. On a commencé à ordonner des prêtres congolais. Chap. XLIII.
Aux Huileries du Congo belge, la chicotte, c’était l’assurance du rendement, dit Barlow. Colonist’s best friend. Chap. XLIII.
— Certains avaient à peine dix ans. Les gamins, comme les adultes, devaient remplir des sacs, des caissettes, des cargaisons. Et si ça ne suivait pas… — La chicotte, compléta Barlow. Le mot me causa des frissons. Chap. LII.
