Désigne un objet chargé de puissance par un nganga : protection, guérison, vengeance, chance, etc.
Le mot est un jugement avant d’être un objet : feitiço, en portugais, désigne le sortilège, la chose « fabriquée » ; les navigateurs du XVᵉ siècle l’appliquèrent aux objets sacrés des côtes africaines, et l’Europe ne les appela plus autrement. Sous l’étiquette, la réalité : l’objet-force que prépare le devin, bois sculpté, herbes, clous, matières scellées, dont la charge protège, guérit ou venge, et qu’on manie avec les égards dus à ce qui peut se retourner. On ne le détruit pas à la légère ; on ne le jette pas ; on compose avec lui.
Dans le roman
Mais la culpabilité me tenaillait toujours, comme un fétiche trempé dans le sang de chèvre. Chap. IV.
J’étais le fétiche maudit, planté dans la boue, sur lequel elle avait trébuché, celui que l’on cache dans un coin de la case parce qu’il attire la malchance, mais que l’on n’ose jamais briser ni jeter, de peur que les esprits en courroux ne vengent l’outrage d’une manière si effroyable que la terre entière s’en trouverait désolée. Moi qui n’avais rien voulu, rien demandé. Moi, l’enfant déjà chargé d’une dette impossible à solder. Chap. XVII.
