Devin-guérisseur. Spécialiste des forces invisibles, consulté pour soigner, protéger, lever une malédiction ou enquêter sur l’origine d’un malheur.
En kikongo, nganga signifie « l’expert ». L’expert de quoi ? De l’invisible : à la fois devin, thérapeute et médiateur, il communique avec les esprits et les ancêtres, diagnostique la cause cachée d’une maladie, d’un vol ou d’un malheur, et prépare le remède, plantes, rituels ou amulettes. Les Portugais, traduisant de travers, en firent le « féticheur », et le mot européen est resté collé à sa silhouette. Le lingala de Kinshasa a poussé la logique du mot jusqu’au bout : munganga y désigne aujourd’hui le médecin, celui de l’hôpital et de l’ordonnance.
Dans le roman
Le nganga, le devin-guérisseur, frisant les soixante-dix ans, torse nu et coiffe à plumes, se tenait accroupi devant sa case, sur une natte carrée d’aspect velouté, aussi longue que ses maigres jambes et tissée de losanges ocre et marron en raphia frangé. Il portait un bracelet de billes colorées à chaque poignet et un collier de cauris à trois rangs. Chap. IV.
C’était la demeure du nganga, le féticheur, à l’abri d’un avocatier. Il était accroupi sur le seuil, le visage recouvert d’une tête de phacochère. Ses yeux fouillaient mon âme. Contre sa poitrine pendaient des amulettes. À ses côtés : un caracal efflanqué, un tas d’os rongés et quelques plumes éparses. Chap. XXXIX.
D’une voix déterrée, le nganga m’adressa l’énigme : « Quel nom donneras-tu à la peur quand tu cesseras de l’appeler mère ? » Chap. XXXIX.