Oracle à friction kuba, souvent à tête de crocodile.
L’itombwa, ou itoom, est l’instrument de divination des Kuba du Kasaï : un animal sculpté au dos plat et poli, crocodile le plus souvent, parfois phacochère ou chien, sur lequel le devin, le ngwoom ou nganga, fait glisser un frotteur de bois enduit d’huiles de racines, en égrenant noms et questions. Quand le frotteur accroche, la réponse est donnée : l’oracle passe pour infaillible, intermédiaire entre les hommes et les esprits de la nature, les ngesh, pour démasquer les voleurs et trouver la cause des maladies. William Sheppard, premier étranger reçu dans la capitale kuba en 1892, rapporta le dicton : « le crocodile ne ment jamais ». Les grands musées du monde en conservent, du Metropolitan à la Smithsonian ; les collectionneurs se les disputent.
Dans le roman
Il posa l’itombwa devant lui, tourné vers Ngalula. L’objet était en wengé. C’était un itombwa classique d’une quarantaine de centimètres de long à tête de crocodile. La gueule était entrouverte de la taille d’un travers de doigt. Les dents, plus nombreuses qu’en réalité, étaient sculptées en haut et en bas sur le côté. Ses yeux, qui semblaient scruter les âmes, se creusaient en forme de grains de riz. Le dessus de son museau long et aplati était orné de petits losanges. Le mangeur d’hommes reposait, massif, sur ses quatre pattes stylisées, courtes et larges, verticales comme celles d’un chien. Son ventre pesant touchait presque le sol, les flancs gravés de chevrons. Du côté du sage, la queue formait un cône pointu sculpté de rainures entrelacées. Le dos, bien poli, était plat, prêt à recevoir le « frotteur », en forme de pion d’échecs. Chap. IV.
Si seulement, elle avait cru dans les pouvoirs de l’itombwa. Les coups, les cris, de cette violente après-midi me hantent. Chap. XII.
« Bon, ben, puisqu’on en est là, moi, je prendrais bien l’itombwa qui est sur l’étagère, si ça vous va. » […] — Évidemment. Emporte-le ton itombwa ! Chap. XLIV.
