(1925-1961). Artisan de l’indépendance congolaise, premier chef du gouvernement du pays.
Employé des postes puis de la brasserie Bracongo, autodidacte brillant, Patrice Lumumba fonde en 1958 le Mouvement national congolais, premier parti à dimension nationale : contre les régionalismes, il veut un Congo unitaire, immédiatement indépendant, non aligné et panafricain ; la conférence panafricaine d’Accra, fin 1958, achève de forger ses convictions. Orateur hors pair, il devient à trente-quatre ans le premier chef du gouvernement du Congo indépendant. Son discours du 30 juin 1960, réplique au roi Baudouin, dit la vérité coloniale à la face du monde. L’étiquette de « communiste » que lui accolent ses adversaires dit moins ses idées que la guerre froide : lâché par la Belgique et les États-Unis, il se tourne vers Moscou pour mater la sécession du Katanga – et signe ainsi sa perte. Révoqué en septembre par le président Joseph Kasa-Vubu, arrêté par Mobutu, transféré au Katanga sécessionniste, il y est exécuté le 17 janvier 1961, avec des complicités belges et occidentales (dont la CIA, peut-être) que la Belgique reconnaîtra officiellement au début des années 2000. Héros panafricain, il devient au Congo même une figure que le pouvoir célèbre et trahit à la fois.
Dans le roman
Joseph Kasa-Vubu en était le président et Patrice Lumumba, le Premier ministre. Chap. XVII.
Son discours de Premier ministre, le jour de l’Indépendance, c’était un crachat à la face du roi Baudouin… Chap. XXXI.
Quel cynisme, de la part de Mobutu, de donner à une voie le nom d’un homme qu’il a contribué à faire assassiner. Chap. LIV.
