Cinéma du centre de Kinshasa, avenue du Commerce ; l’une des deux grandes salles de la ville.
Le Ciné Palace tenait le haut de l’avenue du Commerce, au numéro 52, sous une marquise à tour qui ne ressemblait à aucune autre façade de la rue. Ouvert du temps de Léopoldville – la mémoire des Kinois le fait remonter à l’Apollo Palace de l’entre-deux-guerres –, il fut, avec le Paladium du boulevard, l’une des deux grandes salles où la ville se donnait en spectacle à elle-même. Le bâtiment a survécu au cinéma : reconverti en magasins, il porte encore sa tour ; les salles, elles, ont toutes fermé, au point qu’au début des années 2010, la capitale aux dix millions d’habitants n’avait plus un seul écran.
Dans le roman
Au ciné, que ce soit au Palace ou au Paladium, les spectateurs se comportaient comme des gosses au théâtre de Guignol. Si la séance tardait à débuter, toute la salle scandait en chœur avec entrain : « Éteignez les lumières ! Commencez le cinéma ! Éteignez les lumières ! Commencez le cinéma ! » Le public était friand de westerns, de péplums, de gangsters, de cape et d’épée […] Durant les deux ou trois bobines prévues, les spectateurs, à grand bruit, avertissaient le héros d’un danger, l’encourageaient dans les combats, conspuaient le méchant, se levaient même, donnant des coups de poings dans le vide ; ils claquaient leur langue devant les chatteries d’une belle et applaudissaient au baiser. Ils riaient aussi beaucoup. Le spectacle réjouissant qu’offraient les cinémas de Kinshasa siégeait autant dans la salle que sur la toile. Chap. XXIII.
Archives
⏩️ L’Apollo Palace des années 1920, ancêtre du Ciné Palace, et autres salles de spectacles de Léopoldville.