Paladium

Paladium

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XXIII
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Cinéma du boulevard du 30 Juin, à Kinshasa ; l’autre grande salle de la ville.

Le Paladium tenait le boulevard comme le Palace tenait l’avenue du Commerce : les deux grandes salles obscures de la capitale, où l’on voyait, avec un an ou deux de retard, les westerns, les péplums et les Belmondo. Il a connu plusieurs vies après le grand écran : rouvert en Cinemax au milieu des années 1990, rebaptisé Cinépolis, puis démoli dans les années 2000 pour laisser place à un immeuble. De la grande époque, il ne reste que le souvenir des séances, qui valaient autant pour la salle que pour le film.

Dans le roman

Au ciné, que ce soit au Palace ou au Paladium, les spectateurs se comportaient comme des gosses au théâtre de Guignol. Si la séance tardait à débuter, toute la salle scandait en chœur avec entrain : « Éteignez les lumières ! Commencez le cinéma ! Éteignez les lumières ! Commencez le cinéma ! » Le public était friand de westerns, de péplums, de gangsters, de cape et d’épée […] Durant les deux ou trois bobines prévues, les spectateurs, à grand bruit, avertissaient le héros d’un danger, l’encourageaient dans les combats, conspuaient le méchant, se levaient même, donnant des coups de poings dans le vide ; ils claquaient leur langue devant les chatteries d’une belle et applaudissaient au baiser. Ils riaient aussi beaucoup. Le spectacle réjouissant qu’offraient les cinémas de Kinshasa siégeait autant dans la salle que sur la toile. Chap. XXIII.