Cacahuète.
En Afrique francophone, on ne dit pas « cacahuète » : on dit arachide, du nom savant de la plante, et le mot recouvre tout, la culture vivrière, le cornet de rue, la pâte qui lie les sauces. À Kin, elle se vend grillée dans le sable, en cornets de papier journal, à tous les coins de rue ; en lingala, elle se dit nguba. Dans le roman, elle est l’accessoire le plus fidèle du récit : du ravier de la barza aux mangeoires de Cesare. Elle y tient tous les registres, la madeleine de l’exilé, le rituel des soirées, et jusqu’à l’horreur et la tendresse dans le même chapitre, la poignée tombée dans la main coupée, puis le vieil adjudant à quatre pattes traquant « la moindre arachide tueuse de perroquets ».
Dans le roman
Cela me faisait regretter les délicieuses et craquantes arachides grillées dans le sable, qu’on pouvait acheter à tous les coins de rue de Kin, présentées dans un cornet en papier journal, le Salongo ou l’Elima. Chap. XIX.
En se servant une poignée d’arachides, le père Tremblay en fit tomber dans la main coupée. Il n’osa les récupérer. Chap. XXXIX.
Galli ramassa une arachide juste avant que l’oiseau ne l’atteignît : « Piano. C’est pas pour toi, quand elles sont grillées, Caporal : tu pourrais en mourir. » Cesare gonfla les plumes de son cou. Puis l’adjudant inspecta le sol à quatre pattes à la recherche de la moindre arachide tueuse de perroquets. Chap. XLIII.