Rivière de la cuvette centrale congolaise, affluent du Lulonga puis du fleuve Congo, qui traverse une vaste région de forêts et de postes isolés. Dans l’imaginaire colonial, Maringa évoque les stations lointaines, les concessions et les missions perdues au cœur de la forêt.
Née dans les forêts de la Tshuapa, la Maringa rejoint la Lopori à Basankusu pour former la Lulonga, qui se jette dans le fleuve. Sous l’État indépendant, son bassin fut livré tout entier à l’ABIR : huit millions d’hectares de concession, un réseau de postes le long des deux rivières, et l’impôt payé en caoutchouc sous la garde des sentries. C’est sur ces eaux lentes que descendaient les paniers du « caoutchouc rouge », vers Basankusu puis vers le fleuve, à l’époque où la région fut l’épicentre des violences léopoldiennes.
Dans le roman
« Je suis devenu adjudant de la Weermacht, la Force publique, au bout de deux ans, reprit Van der Meersch. Je supervisais la collecte de l’ivoire dans la zone de la Maringa. C’est comme ça qu’on s’est connus, vous vous souvenez, Ted et Romolo ? Chap. XXXV.
[…] C’est les indigènes de la Maringa qui s’en chargeaient, enrôlés de force pour éviter la chicotte. Chap. XXXV.
Dans cette lueur vacillante, l’homme qu’était Romolo Galli – ancien adjudant de la Force publique, survivant d’un passé en perdition – semblait soudain plus fragile qu’un enfant de la Maringa. Chap. XXXIX.
