Chattanooga Choo Choo

Chattanooga Choo Choo

Artiste

Glenn Miller

Année
1941
Registre
Jazz
Chapitre

XLIII

Le morceau raconte un homme qui rentre chez lui en train. Le disque tourne pendant que Barlow décrit trente kilomètres à pied, trente kilos sur le crâne, un bébé dans le dos, jusqu’à un point de collecte qui n’est le domicile de personne.

L’écart ne tient pas au moyen de transport, mais à la destination. Une chanson de 1941 promet le retour ; le récit de Barlow ne raconte que des trajets vers l’entrepôt. Et l’enfant qui écoute a compris, dix chapitres plus tôt, qu’il n’y avait « nulle part de maison » pour lui.

Le mot qui fait basculer la scène est pourtant le sien, et il passe inaperçu. Il n’a jamais porté plus lourd qu’un cartable, en voiture, et précise qu’il le portait « dans le but de récolter de bonnes notes pour Édith ». Récolter : le verbe des ramasseuses, appliqué à un carnet scolaire, dans le paragraphe même où l’on charge les paniers. Il ne se compare pas à ces femmes, il se range parmi elles sans s’en apercevoir.

D’où la phrase qui suit, et qui est une définition du travail forcé trouvée par un enfant : l’autonomie ne tient pas à la capacité de se déplacer, mais « à pouvoir décider pour qui l’on s’épuise ».

Dans le roman

Le père Tremblay mâchait bruyamment, la barbe mouchetée de miettes. Sur la platine, Chattanooga Choo Choo roulait. Chap. XLIII.

Archives

Extrait du film Sun Valley Serenade (Tu seras mon mari), de H. Bruce Humberstone, 1941.