Le ciel est fermé

Le ciel est fermé

Artiste

Édith Piaf

Année
1950
Registre
Chanson française
Chapitre

XXXV

Deux prières traversent ce passage, et le disque tombe exactement entre les deux.

La première est celle du père Tremblay. Van der Meersch vient de dire que l’ivoire n’était pas un commerce raffiné, mais la guerre – avec ses morts comme toutes les guerres. Le prêtre lève les yeux – le geste même de celui qui en appelle au ciel –, puis se ravise et bourre sa pipe. C’est le seul homme de cette terrasse dont le métier est de parler pour le ciel, et il renonce.

La seconde vient juste après. L’éléphant s’affaisse à genoux, enveloppé de poussière, comme suppliant, dans le silence d’une savane que les oiseaux ont désertée. Un ciel vide, au sens propre cette fois : il n’y reste même plus d’oiseaux.

Entre l’homme d’Église qui se tait et la bête qui prend la posture de la prière, la platine énonce le verdict. Ni l’un ni l’autre n’obtiendra de réponse, et c’est une chanteuse de rue qui le dit à leur place.

Dans le roman

Galli avait disposé les baffles dehors. La fille des faubourgs enfilait ses vieilles chansons : Le ciel est fermé craquait dans la cire. Chap. XXXV.

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