Mabele, la terre. Le mot revient deux fois dans ce chapitre : chez Franco, où il sert à méditer sur une vie aussi fragile qu’une flamme de bougie, et ici, chez le cadet qui vient de quitter Zaïko. Deux générations, deux orchestres, le même mot pour dire ce qui reste quand il ne reste plus rien.
Dans le roman
Les Zaïrois n’avaient plus que la musique et la danse pour tenter d’oublier la misère, d’ignorer la dictature et d’exorciser l’angoisse d’un avenir incertain. Zaïko Langa Langa ne faisait que grimper en popularité depuis son fameux concert du match de boxe. Papa Wemba avait quitté le groupe pour fonder Viva la Musica et démarrait très fort. L’orchestre de soukous, Empire Bakuba, mettait le feu dans les salles avec ses danses d’animation. Théo Blaise Kounkou avait pris son essor. Et OK Jazz comptait désormais une quarantaine de musiciens. Tous ces orchestres commençaient à gravir avec succès les marches d’une carrière internationale. Chap. LIV.