Mea Culpa

Mea Culpa

Artiste

Édith Piaf

Année
1954
Registre
Chanson française
Chapitre

XXXV

Mea culpa est la formule du Confiteor, celle où l’on se frappe la poitrine en s’accusant soi-même. À l’instant où le disque la prononce, trois hommes font trois gestes.

Van der Meersch avale un trait de gin. Barlow frotte, sans conviction, une tache sur son pantalon. Le vieil Italien regarde ses glaçons sans les voir. Se frapper la poitrine, frotter une tache : c’est le même mouvement, vidé de son sens. La contrition a lieu, en mime, et elle échoue ; la tache reste, et personne ne dit rien.

La réponse parlée arrive juste après, et elle tient dans un seul verbe répété trois fois : « À ce stade, mon travail était de surveiller. » Surveiller l’arrachage, les quotas, le vol. C’est le verbe qui installe un témoin là où il faudrait un coupable. Van der Meersch ne coupe pas, ne porte pas, ne tue pas : il regarde faire, et il est payé pour ça. Reste à voir ce qu’il surveillait exactement : « pas de casse, pas d’entailles. » Le soin allait à la marchandise.

La séquence se referme sur Galli, qui réajuste la défense sur son socle comme pour la rendre moins visible. Deux mètres quarante. On peut escamoter beaucoup de choses sur cette barza, mais pas celle-là. Et l’enfant, derrière le mur, apprend la formule qu’on se répète pour dormir : ce n’était que de l’ivoire, juste de l’ivoire, rien d’autre.

Dans le roman

Mea culpa était le morceau suivant. Chap. XXXV.

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