Richard Wagner
XXV
Le seul Noir à qui le narrateur prête un pouvoir de direction dirige des voitures. Il ne hausse jamais le ton, même du sifflet ; les moteurs lui obéissent forte et pianissimo ; les grands jours, Wagner vibre en lui. Le roman ne connaît qu’un autre chef d’orchestre : l’enfant qui, un soir de swing, mimera le trombone du chef « en contorsions ». L’un règle la circulation d’une capitale, l’autre un carrelage ; et ce sont les deux seuls pupitres que ce monde leur concède.
Dans le roman
Les moteurs vrombissaient forte ou zonzonnaient pianissimo, au gré des mouvements qu’il lançait comme s’il guidait l’énergie. Dans les grands jours, on sentait vibrer en lui Wagner, en particulier dans l’Ouverture de Tannhäuser. À la fin de sa partition, satisfait, il tapotait son bâton blanc dans la paume de sa main gauche, puis lissait sa moustache avec sensualité. Chap. XXV.