Désigne tout ce qui est en dehors de la ville et des routes principales. C’est l’arrière-pays, l’espace rural ou sauvage où la vie est moins urbanisée.
Dans le français d’Afrique, la brousse n’est pas un paysage précis, savane, forêt claire ou broussaille : c’est un pôle. Tout ce qui n’est pas la ville est la brousse, et l’on dit « en brousse » comme on dirait « au large ». Le mot a essaimé partout : les camions de brousse, le taxi-brousse, l’école de brousse, le poste de brousse du fonctionnaire muté loin de tout, et le bush flying des pilotes qui la survolent. Pour l’enfant de Kinshasa, elle est l’envers exact du bitume, le pays des pistes, des chevaux et des bêtes ; pour l’exilé, elle devient une odeur qu’on regrette et un horizon qui s’efface.
Dans le roman
Vital dépassait les cars aux livrées bleues ou crème, pour rejoindre les robustes camions de brousse parqués en lisière. On aurait dit un troupeau de buffles à côté des rangées de zèbres. Chap. XXVI.
Les galops dans la brousse avec elle [Joan] m’entraînaient dans une ivresse totale. Ils m’offraient pendant quelques instants hors du temps une précieuse liberté. Chap. XXIV.
La brousse n’était plus qu’un vague souvenir, un nuage de poussière laissé à l’horizon par les éléphants usés. Chap. XXIV.