Pain de manioc fermenté, cuit à la vapeur dans des feuilles.
La chikwangue est un pain de manioc fermenté : les racines rouissent plusieurs jours dans l’eau, sont pilées en pâte fine, enveloppées dans des feuilles (bananier ou marantacées), puis cuites longuement à la vapeur. En lingala, on dit aussi kwanga. Sa texture est dense, élastique ; son odeur de fermentation, puissante, ne laisse personne indifférent – on l’aime ou on la fuit. Elle se conserve remarquablement, ce qui en fait l’aliment des voyages et des marchés, coupée en tranches pour accompagner sauces et grillades.
Dans le roman
Entre les fiers manguiers, le marché exposait ses couleurs : saka-saka, chikwangue, poisson fumé, insectes grillés, Primus tiède, vin de palme… Chacun s’achetait de quoi manger plus tard. Chap. XXVI.
Les sentries, tous Congolais, enrôlés de force dans les milices des concessions, ne parlaient pas la langue de la région. Ils puaient la chikwangue rance et l’alcool de palme par tous les pores. Chap. XXVI.
Le cœur de palmier était ce que je détestais le plus parmi les produits locaux, avec la chikwangue, cette pâte de racines de manioc qui sentait les égouts. Chap. XLV.