Opération retirant à des billets leur cours légal.
Celle dont parle le roman est restée dans toutes les mémoires zaïroises : le mardi 25 décembre 1979, jour de Noël, Mobutu annonce que les billets de 5 et 10 zaïres n’ont plus cours ; les Zaïrois ont jusqu’au 31 décembre pour les échanger contre de nouvelles coupures, dans la limite de 3 000 zaïres par adulte, frontières fermées et espace aérien interdit pendant l’opération. Officiellement, il s’agit d’éponger l’inflation et de frapper les fortunes liquides des trafiquants, sur le modèle de l’opération Gutt menée en Belgique à la Libération ; en pratique, les files s’allongent devant des guichets débordés, bien des économies familiales s’évaporent, et l’opération, qu’on a pu qualifier de dévaluation maquillée, ruine plus sûrement les petites gens que les gros poissons, qui avaient d’autres coffres que leur matelas.
Dans le roman
— Il y a deux ans, Mobutu a décidé d’une démonétisation, dit Désiré. — Ça veut dire quoi ? — Ben, que tu peux rien acheter avec ça. — Le 25 décembre, expliqua Alex, Mobutu a annoncé que les billets en circulation ne devaient plus être utilisés… — Et on avait jusqu’au 31 pour les échanger à la banque, dans la limite, tiens-toi bien, de 3 000 Z. Le prix d’une petite bagnole d’occasion. — On était en vacances avec mes parents. Ils ont perdu toutes leurs économies. Chap. LIV.