Compagnie belge fondée en 1906, maîtresse du cuivre, du cobalt et de l’uranium du Katanga jusqu’à sa nationalisation en 1967.
Née en octobre 1906 d’un mariage de raison entre la Société Générale de Belgique et les concessions britanniques de Robert Williams, l’Union minière n’est pas une entreprise du Congo : elle en est la caisse. Dès les années trente, le cuivre du Katanga fait d’elle le premier producteur mondial. Ses fiefs s’appellent Élisabethville, Jadotville et Kolwezi, et l’on dit au Katanga qu’elle est présente de la vie à la mort. Elle tient aussi, à Shinkolobwe, la pechblende la plus riche de la planète, et son directeur Edgar Sengier vendra aux Américains l’uranium de la bombe.
Quand l’Indépendance arrive, la compagnie choisit son camp : elle soutient la sécession de Moïse Tshombe et verse au Katanga séparé l’avance d’impôts qui revenait au gouvernement de Lumumba. Fin 1966, Mobutu décide la nationalisation ; en 1967, la compagnie devient Gécomin, puis Gécamines, et le cuivre change de propriétaire sans changer de galeries. En Belgique, ce qui reste de l’Union minière poursuit sa route dans les métaux non ferreux.
Dans le roman
« Je n’ai jamais mis les pieds à Shinkolobwe. J’étais en relation avec des types de l’Union minière : les chiffres, les cargaisons, les bateaux vers Matadi… Direction inconnue… Mais ce n’était pas un mystère. Il tapota ses cartes du bout de l’index. — En revanche, j’ai vu les galeries de cuivre et de cobalt, les corps courbés, les lampes frontales en constellation. Là aussi, il y avait des enfants. Ils pataugeaient jusqu’aux genoux, parfois jusqu’à la taille, à trier des cailloux. » Chap. LII.
Archives
Source : fonds Union Minière, Archives de l’État en Belgique.