Société des ambianceurs et des personnes élégantes. Dandysme congolais du vêtement.
Le sigle dit tout. Née entre Brazzaville et Kinshasa, la SAPE fait du vêtement un art de vivre : griffes, couleurs, démarche étudiée, la rue pour podium. Le sapeur ne s’habille pas, il officie ; la pauvreté n’excuse rien, l’élégance se conquiert. Papa Wemba en fut le pape autoproclamé, et la SAPE, la revanche du panache sur la misère.
Dans le roman
Personne ne survécut, si ce n’est le crocodile dont aucun sapeur, dandy typique du Congo, n’était près de faire tanner la peau. Chap. III.
La Sape, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, dont la plupart étaient adeptes, allait les aider dans cette entreprise. Pour les sapeurs, bigarrés, l’élégance était aussi une scène où leurs vêtements extravagants chantaient, dans chaque mouvement ondulé, leur liberté badine. Chap. LIV.
Misant à fond sur leurs prestations scéniques, grâce à des tenues de sapeurs extravagantes – à ce stade-là, ce n’était plus un pléonasme –, des nains ambianceurs et des chorégraphies enfiévrantes, Pepe Kalle et son orchestre séduisaient, dans la cité, une foule populaire venue pour faire la fête : des mamans, des vendeuses de marchés, des dockers, des chauffeurs de taxi, des ouvriers, des soldats… et même des enfants et des grands-parents qui n’étaient pas les derniers à entrer en transe. Chap. LV.
