Surgé

Surgé

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III

Argot d’internat pour désigner le surveillant général, maître de la discipline dans les lycées d’autrefois.

Le surveillant général fut, un siècle durant, le gendarme des lycées français : registres d’absences, retenues, dortoirs au cordeau, silence dans les rangs. Les élèves l’abrégèrent en « surgé », silhouette de père Fouettard en blouse grise dont l’implacable monsieur Viot, dans Le Petit Chose de Daudet, reste le parangon littéraire. La fonction disparaît officiellement en 1970, remplacée par le conseiller principal d’éducation, dont la mission se veut éducative autant que disciplinaire ; le mot, lui, a survécu quelques décennies dans la mémoire des anciens pensionnaires, avec le pas du surgé dans les couloirs cirés.

Dans le roman

La discipline du pensionnat faisait passer le service militaire pour une villégiature. Chaque matin : sonnerie stridulante et surveillant général au sourcil sensible. Le règlement exigeait qu’au saut du lit, draps et couvertures fussent pliés, bords bien alignés. Après le petit-déjeuner : lit au carré. C’était un exercice de rigueur, une manière de prouver sa maîtrise de soi. Le matelas gisait nu, raide et lourd, le coutil rugueux, attendant de retrouver sa dignité. Chaque pensionnaire s’appliquait au rituel. « Tendu sans compromis ! », serinait le « surgé », l’œil soupçonneux, prêt à débusquer le moindre pli rebelle. Chap. III.

On pliait les draps comme on forge une conscience. Bizarrement, jamais Robert n’exigea ça de nous. Pas un mot sur nos lits. Ni sur mes rêves défaits. Je me demande ce qu’est devenue la discipline à Gassendi depuis que les Scandinaves nous ont donné la couette. Chap. III.

Archives

Le Surveillant Général chanté par Michel Sardou en public ; tout est dans le non-dit.