Le reporter à la houppette d’Hergé, né en 1929 ; son journal hebdomadaire fit lire toute la francophonie.
Tintin naît le 10 janvier 1929 dans Le Petit Vingtième, le supplément jeunesse d’un quotidien catholique bruxellois : un reporter adolescent qu’on ne voit jamais écrire, flanqué d’un fox-terrier qui parle. Après-guerre, l’hebdomadaire qui porte son nom, lancé en 1946, devient l’école de lecture de la jeunesse francophone, d’Europe et d’Afrique. La série a pourtant un album qui regarde ce glossaire droit dans les yeux : Tintin au Congo, deuxième aventure (1930-1931), commandée pour donner une image flatteuse de la colonie, et dessinée, dira Hergé lui-même, « dans l’esprit purement paternaliste de l’époque » ; refait en couleurs en 1946, l’album n’a jamais cessé de faire débat. Les petits Congolais, eux, lisaient Tintin sans y trouver leur pays : ils y trouvaient l’aventure, ce qui était bien le moins.
Dans le roman
En parallèle de la littérature, je cultivais un goût prononcé pour la bande dessinée. Mon premier album appartenait à la série des Lucky Luke. Puis, ce fut Tintin, Astérix, Bob et Bobette… Que des œuvres franco-belges. Contrairement à d’autres parents qui la considéraient comme une sous-culture, Édith portait un regard bienveillant sur la bande dessinée. C’est elle qui m’avait acheté les premières et elle consentait volontiers à quelques emprunts au Centre culturel pourvu que je ne lusse pas que ça. Chap. XXXIII.
En sixième, mon professeur de français, Monsieur Prévost, un coopérant, avait une façon très originale d’enseigner la littérature. Il était fan de bandes dessinées, comme moi. Il avait fait abonner toute la classe au journal hebdomadaire de Tintin. Avec lui, nous interprétions au bord du fleuve, à quelques mètres de l’école, des scènes de BD. Ces jours-là, nous devions venir avec nos déguisements. Monsieur Prévost nous faisait aussi adapter des passages de romans en bande dessinée. Chap. XLII.
