Prêtre, religieuse, religieux ou laïc envoyé par une Église pour évangéliser, enseigner et encadrer les communautés locales. Dans le contexte congolais, figure très présente dans les écoles et les dispensaires.
Au Congo, la mission est partout depuis l’époque léopoldienne : elle baptise, enseigne, soigne, et marche du même pas que l’administration et les compagnies. C’est par elle que passent l’école, le dispensaire, souvent l’alphabet lui-même ; c’est elle aussi qui, sur le terrain, voit tout, et choisit ce qu’elle dénonce ou ce qu’elle couvre. La soutane y côtoie le pouvoir plus souvent qu’elle ne le contrarie ; entre les deux, il y a l’eau versée dans le gin, la part d’humanité qui dose ses compromis.
Dans le roman
Un missionnaire bien gras et tout suant, seulement couvert de sa longue barbe jaunie, traversa la cour. Il tirait la petite Ilonga qui freinait de tous ses pleurs. « Yaka, muke ! Yaka ! », ordonnait-il, « Suis-moi, petite ! » Une nuée de chauves-souris couvrit la lune, tandis qu’ils entraient dans sa case. De toutes parts, des regards sans yeux oppressaient l’atmosphère. Chap. XXXIX.
La main velue du missionnaire sur mon corps me répugnait. Elle me laissait une chaleur visqueuse. Chaque fibre de moi se rigidifiait. Le mot « père » s’entravait dans ma gorge, comme une hostie collée au palais. Chap. XXXI.
Le missionnaire ajoutait un peu d’eau dans son verre, plus ou moins, selon les jours. Chap. XXXI.