Quotidien du matin de Kinshasa, né en février 1972 de la mise au pas de la presse zaïroise.
Quand l’authenticité rebaptise la presse, Le Progrès devient Salongo, en février 1972, comme Le Courrier d’Afrique devient Elima : Kinshasa garde deux quotidiens en français, le matin et le soir, sous des noms zaïrois. Celui du matin prend le nom lingala du travail collectif, celui-là même que le régime fera bientôt claquer en slogan du samedi, le salongo. Aux devantures comme aux carrefours, le titre fait ce que font les journaux partout : il informe le matin, il enveloppe les arachides l’après-midi. Au tournant des années 1980, il tire autour de quinze mille exemplaires, comme son frère du soir : c’est peu pour une capitale de deux millions d’âmes, et c’est pourtant, à eux deux, toute la presse quotidienne qui lui reste.
Dans le roman
Cela me faisait regretter les délicieuses et craquantes arachides grillées dans le sable, qu’on pouvait acheter à tous les coins de rue de Kin, présentées dans un cornet en papier journal, le Salongo ou l’Elima. Les marrons, c’était en quelque sorte ma madeleine de Proust rassie. Chap. XIX.
