Quotidien du soir de Kinshasa, né en 1972 de la mise au pas de la presse zaïroise.
En 1972, l’authenticité passe sur les journaux comme sur tout le reste : les titres hérités de la colonie sont débaptisés et concentrés, et Kinshasa se retrouve avec deux grands quotidiens en français : Salongo le matin, Elima le soir, héritier du vieux Courrier d’Afrique, le quotidien de Léopoldville depuis 1930. Le nom choisi est un mot lingala : l’elima, c’est l’esprit – génie ou fantôme selon les dictionnaires, qui réservent à l’elimo l’âme bienveillante. Un nom d’esprit pour le journal du soir. Organe du régime avant de glisser vers l’opposition à la fin du règne, Elima aura aussi servi, pour des générations de Kinois, à ce que la presse sert partout après lecture : envelopper les arachides grillées, au coin des rues. Au tournant des années 1980, il tire autour de quinze mille exemplaires, comme son frère du matin ; à eux deux, ils sont alors toute la presse quotidienne de la capitale.
Dans le roman
Cela me faisait regretter les délicieuses et craquantes arachides grillées dans le sable, qu’on pouvait acheter à tous les coins de rue de Kin, présentées dans un cornet en papier journal, le Salongo ou l’Elima. Les marrons, c’était en quelque sorte ma madeleine de Proust rassie. Chap. XIX.
