Doctrine de Mobutu prônant le retour aux racines africaines.
Lancée au début des années 1970, elle veut effacer la colonie de la surface du pays : le Congo devient Zaïre, les villes africanisent leurs noms, les prénoms chrétiens sont abandonnés, d’abord par incitation, bientôt par obligation. L’abacost remplace le costume-cravate, « citoyen » et « citoyenne » remplacent monsieur et madame, le salongo remplace le dimanche. L’idée pouvait être belle : rendre au pays sa fierté. Elle devient un instrument de règne, où la culture décrétée sert le culte d’un seul. Le mot lui-même finit par désigner tout et son contraire.
Dans le roman
« Salut, Désiré. — Eh, non ! Je m’appelle Nzenza, désormais. Vive l’"authenticité" ! » Chap. LIV.
L’authenticité selon Mobutu : des villes, des gens qui changent de noms, des sociétés qui changent de mains, des crimes qui changent de coupables. Chap. LIV.