Zaïrianisation

Zaïrianisation

Catégorie
Histoire
Chapitres
XXIIIXXXI

Transfert aux Zaïrois des biens économiques détenus par les étrangers, décrété le 30 novembre 1973. Par extension, africanisation générale des noms et des cadres.

Le 30 novembre 1973, au nom de la souveraineté économique, Mobutu annonce, devant le Conseil législatif, que les commerces, les plantations et les petites entreprises tenus par des étrangers, Belges, Grecs, Libanais, Portugais, Pakistanais, etc. seront remis à des Zaïrois. C’est la zaïrianisation. Le discours en fait le couronnement de l’Authenticité : le pays reprend ce que le colonisateur avait pris. Dans les faits, les attributions vont aux fidèles du régime ; les « acquéreurs » se servent dans les stocks et les caisses, et les circuits du commerce se défont. Le pouvoir radicalise en 1974, l’État reprenant cette fois les grandes entreprises, puis fait machine arrière : stabilisation en 1975, rétrocession en 1976 (60 % du capital rendus aux anciens propriétaires, que beaucoup refusent devant une économie exsangue). Les indemnisations promises resteront lettre morte et grossiront la dette. Le mot déborde vite l’économie : les prénoms s’africanisent, les cadres se remplacent, le pays entier se zaïrianise.

Dans le roman

D’habitude, l’ambiance était plutôt bon enfant. Mais ce soir-là, c’était la panique chez « les momies de Léopold », selon l’expression d’Édith. Mobutu avait décrété la zaïrianisation. Le néologisme était tombé sur la table avec l’effet d’une assiette brisée. « What does it mean ? Ça veut dire quoi ? », demanda Barlow. Hors de l’actualité, il ne s’était jamais intéressé qu’à son Empire britannique en perdition. Chap. XXXI.

La zaïrianisation suivait son cours. Peu à peu, les citoyens adoptaient des prénoms africains. Les villes qui portaient encore la marque du colon belge étaient débaptisées. Les Zaïrois reprenaient possession de leur pays. Surtout Mobutu. Chap. XXIII.

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Zaïrianisation : souder le peuple ou renforcer le pouvoir ? Documentaire.