Kinois

Kinois

Langue
français
Catégorie
Mots & expressions
Chapitres
XXVXXXLV
Voir aussi

Habitant de Kinshasa ; adjectif de tout ce qui vient de la capitale.

Le mot se fabrique comme la ville : sur Kin, l’abréviation affectueuse, on pose le suffixe le plus français qui soit, et le gentilé entre au dictionnaire. Être kinois, pourtant, déborde l’état civil : c’est une manière, une allure, un art de tenir debout avec élégance dans une ville qui ne fait pas de cadeaux, celle des ambianceurs, des sapeurs et des mama malewa. Kinshasa a changé trois fois de nom de pays sans changer d’adjectif : on reste kinois sous tous les régimes.

Dans le roman

Ma jeunesse est en somme séparée en deux périodes, comme on le dit de la carrière d’un peintre : la période kinoise et la période tivolienne. Mais les palettes n’étaient pas passées par mes mains. Les perspectives s’étaient décidées sans moi. Avec mes yeux d’alors, je ne voyais pas le contraste entre ces deux époques comme un clair-obscur, comme l’été et l’hiver, le paradis et l’enfer, mais plutôt comme le Sud et le Nord d’un royaume infernal où je vivais dans une servitude résignée. D’un côté, les baisers du soleil et la brûlure des coups, de l’autre les caresses de l’ombre et la froideur de l’enfermement. Dans les deux cas, l’absence marmoréenne d’amour. Chap. XXV.

Les mama malewa, courageuses, toujours d’humeur enjouée, formaient la trame du tissu social. Elles appartenaient au quotidien des Kinois, comme les bouquinistes des bords de Seine font partie de la vie des Parisiens. Chap. XXX.

Dans la vie kinoise, la cigarette était un marqueur social immédiat, plus facile à gérer que la voiture et plus pratique à exposer en tout lieu. Chap. LV.

Archives

Être kinoise aujourd’hui.