Maman, madame. Terme respectueux pour s’adresser à une femme adulte, qu’elle soit mère ou non.
Mama déborde très largement « maman » : c’est le titre de respect de toute femme adulte, l’équivalent de « madame » avec la chaleur en plus, posé devant le prénom, Mama Joséphine, Mama Philomène, Mama Ilonga. Les guides de Kinshasa le disent d’une formule : un titre affectueux, voire honorifique, qui marque le respect ; la culture congolaise n’en connaît pas de plus haut. Employé seul et au pluriel, il désigne les femmes elles-mêmes : les mama du marché, leurs vasques en équilibre sur la tête, et les mama malewa derrière leurs marmites. Le mot dit à la fois la maternité sociale, la considération due à l’âge, et l’ossature féminine du quotidien kinois.
Dans le roman
Pedro achetait toujours son plat chaud, à la descente du fula-fula, à Mama Joséphine, une énergique et plantureuse mama malewa à la voix aiguë. Chap. XXX.
Entre les marmites en fonte et les pagnes colorés tachés de gras, flottait une forme de douceur rude, une douceur qui me manquait à la maison. Les mama malewa incarnaient la débrouillardise féminine et la solidarité. Chap. XXX.
Mama Ilonga, « celle qui se relève », en langue lomongo, était là : assise sur le seuil de sa maison, une natte posée devant elle. Chap. XXVI.