Haricots. Ragoût du quotidien qu’on en tire.
Les madesu sont des haricots secs mijotés longuement avec oignon, tomate et huile de palme – parfois du poisson fumé ou de la couenne – jusqu’à une sauce épaisse qui nappe le riz, le fufu, la chikwangue ou le pain. C’est le plat du quotidien par excellence, la protéine des jours ordinaires, celui qu’on trouve à toute heure dans les malewa. Le mot a même essaimé hors de la cuisine : l’expression mundele madesu signifie « Blanc comme un haricot ».
Dans le roman
Pedro hésita. En matière de poisson frit, il préférait le capitaine. Il allait plutôt prendre un morceau de poulet bicyclette. C’était un peu plus cher, mais tant pis : demain ce serait la paye. Joséphine plaça une cuisse bien musclée sur une feuille de bananier et, à la demande de son client, une portion de fufu, des légumes (il n’y avait plus de madesu, ces fameux haricots qu’il adorait), et un peu de sauce moambe épaisse, pas trop pour ne pas que ça coule durant le transport. Elle ajouta deux cuillerées de saka-saka, à base de feuilles de manioc pilées : « Ça, c’est mon cadeau. » Puis elle plia la feuille de bananier d’un geste rapide et maîtrisé, et ajouta une bouteille de Primus de soixante-douze centilitres, comme d’habitude. « Six zaïres cinquante, Papa. » Chap. XXX.