Quartier réservé aux Africains dans les villes coloniales, et séparé des quartiers européens. Appelé à l’époque coloniale : « cité indigène ».
Léopoldville était une ville double : d’un côté Kalina, aujourd’hui la Gombe, le centre administratif et les villas des colons ; de l’autre, la cité indigène, conçue pour loger les travailleurs congolais, que le couvre-feu cantonnait la nuit dans leurs quartiers. L’Indépendance a emporté l’adjectif, pas le mot ni la frontière : on continue d’« habiter dans la cité », d’« aller à la cité », et la coupure sociale demeure, entre les quartiers des nantis et ceux où bat, dans les rues en terre battue, la vie populaire de Kinshasa. Dans le roman, la cité est le pays interdit du narrateur : la moitié de sa ville natale, connue seulement par les récits de Vital.
Dans le roman
Ils poussèrent même jusque dans « la cité ». C’est ainsi qu’on désignait les quartiers populaires. La « cité indigène » avait été créée à l’époque coloniale pour loger les travailleurs congolais qui devaient y rester cantonnés de 21 heures à 4 heures du matin, tandis que l’autre partie de la ville, appelée Kalina, était réservée au centre administratif et aux quartiers résidentiels des colons, avec leurs villas blanches aux toits rouges et leurs routes goudronnées entre les trottoirs balayés. Chap. XXV.
La cité était pour moi un pays merveilleux. Je sentais que c’était là que battait le vrai cœur de Kinshasa. L’endroit resta toujours dans ma vie un pays de nulle part. Chap. XXV.
J’en veux à Édith de m’avoir barré l’accès à toute une partie de Kin. Je n’ai jamais eu le droit de me rendre dans la cité, même pour une demi-heure en journée. Je dis que je suis né à Kinshasa, que j’ai habité à Kinshasa, que j’ai vécu à Kinshasa, mais en fait, je n’ai connu que les quartiers des nantis, je ne sais rien de la chair de cette ville. Chap. XXV.